C.G. JUNG

Rêve, Alchimie, Homéopathie, Poésie

L’interprĂ©tation des rĂŞves

La méthode particulière de Jung d’interpréter les séries de rêves. Le temps du rêve. La synchronicité.

e--phe--me vison re--ve 2Toute interprétation de rêve n’étant qu’une supposition, on se trouve, devant la production onirique, dans le cas du chercheur qui s’attacherait à l’étude d’événements dont il lui serait impossible de démontrer le sens et la régularité. C’est dans ce but que Jung, comme nous l’avons fait nous-mêmes, a privilégié les séries de rêves, espérant ainsi diminuer l’incertitude. Il en donne les raisons dans Psychologie et Religion :  1

“Si faire se peut, je n’interprète jamais un rêve isolément. En règle générale, un rêve appartient à une série de rêves. De même que dans le conscient, il existe une continuité, abstraction faite qu’elle est régulièrement interrompue par le sommeil, de même il existe apparemment une continuité dans la suite des processus inconscients. Cette continuité dont font preuve les déroulements inconscients  est peut-être encore plus marquée que dans les phénomènes conscients. En tous cas, mon expérience se prononce en faveur de la probabilité que les rêves sont les maillons visibles d’une “chaîne” d’événements inconscients.”

A la faveur de la série, il est possible de mieux suivre le “discours” du rêve et de contrôler les interprétations, les rêves eux-mêmes s’en chargeant par des corrections et des réajustements. Mais, pour comprendre l’intérêt des séries, il est utile d’avoir en mémoire l’hypothèse de Jung sur le noyau central de signification. 2

Cette hypothèse est hardie car elle remet en cause des concepts qui sont les repères de notre vie quotidienne.

L’univers du rĂŞve

L’inconscient ne se soucie pas de notre perception du temps ou de notre idée de la causalité car temps et causalité sont en quelque sorte disloqués.

Dans les séries de rêves qui, nous allons le voir, non seulement montrent des structures et des symboles mais aussi racontent une “histoire”, la chronologie est parfois respectée mais souvent elle se perd. Le niveau de l’histoire apparente masque un autre niveau plus essentiel. Nous sommes incités à établir une diachronie des rêves et à les relier entre eux par le fait qu’ils nous parviennent l’un après l’autre. Or, pour Jung :

“Il n’est pas démontré que la suite réelle d’un premier rêve ne parvienne qu’ultérieurement à la conscience. La série qui nous paraît chronologique n’est pas la véritable série. Un nouveau thème peut très bien apparaître dans un rêve, avant de disparaître pour céder de nouveau la place à un thème antérieur.La véritable configuration du rêve est radiale : les rêves rayonnent à partir d’un centre, et ne viennent qu’ensuite se soumettre à l’influence de notre perception du temps. Les rêves se subordonnent en réalité à un noyau central de signification.” 3

schéma

Les rĂŞves ” naissent dans un esprit qui n’est pas tout Ă  fait humain ” 4

Ils ressemblent “plutôt à un murmure de la nature” qu’à nos belles constructions logiques.

Cette vision “ radiale ” de la chronologie onirique s’accompagne, chez Jung, d’une réflexion sur la causalité liée à la fois aux rêves et aux événements de la vie courante.

Il lui apparaît que, dans certains cas, quand l’inconscient est particulièrement activé et le sujet très réceptif, on est conduit à postuler un facteur irréductible “ par nature ” à la causalité. Il faudrait alors admettre, écrit-il :

“Que les événements en général sont associés soit, directement en chaînes causales soit, le cas échéant, par une sorte de lien transversal, de l’ordre du sens.” 5

A cette coïncidence d’événements, reliés par hasard entre eux d’une manière significative, Jung a donné le nom de “synchronicité”.

 La synchronicité

Jung attire l’attention de son lecteur sur le contresens que ce terme de synchronicité pourrait provoquer. Il emploie le concept général de synchronicité dans un sens particulier tout à fait différent du synchronisme qui ne désigne qu’une simple simultanéité des événements. La synchronicité, pour lui, caractérise une coïncidence temporelle de deux ou plusieurs événements, sans lien causal, mais revêtus d’un sens identique ou analogue. 6

e--phe--me vision re--ve 3Dans Synchronicité et Paracelse il pousse très loin son idée de la synchronicité, jusqu’à la notion d’un “ordre général sans cause” 7. Mais, peu avant sa mort, dans une lettre datée de 1958, 8 il pensait que ce genre de problème devait être radicalement soustrait à toute spéculation philosophique et que seule l’expérience pouvait aider à avancer.

C’est la plus ancienne et la plus simple définition que Jung donne de la synchronicité, qui nous paraît devoir nourrir une réflexion sur les notions de temps et de causalité, réflexion indispensable dès que l’on aborde les manifestations inconscientes. On la trouve dans le Commentaire sur le Mystère de la Fleur d’Or 9 :

” Une frĂ©quentation de la psychologie des phĂ©nomènes inconscients m’a forcĂ©, depuis une grand nombre d’annĂ©es dĂ©jĂ , Ă  me mettre Ă  la recherche d’un autre principe d’explication, puisque le principe de causalitĂ© me paraissait insuffisant pour Ă©clairer certains phĂ©nomènes remarquables de la psychologie inconsciente. Je dĂ©couvris en effet l’existence de phĂ©nomènes psychologiques parallèles entre lesquels il n’est absolument pas possible d’établir de relation causale, mais qui doivent ĂŞtre placĂ©s dans un autre ordre de connexions. Une telle connexion me parut consister essentiellement dans la simultanĂ©itĂ© relative, d’oĂą le nom de “synchronicité”. On dirait en effet, que le temps n’est rien moins qu’une abstraction, mais bien plutĂ´t un continuum concret renfermant des qualitĂ©s ou des conditions fondamentales qui peuvent se manifester dans une relative simultanĂ©itĂ© en diffĂ©rents endroits selon un parallĂ©lisme dĂ©nuĂ© d’explications causales : c’est le cas, par exemple de l’apparition simultanĂ©e de pensĂ©es, de symboles ou d’états psychiques identiques.”

Ces simultanéités se produisent dans le domaine onirique lorsque des rêves semblent avoir une relation par le sens avec un événement de la vie extérieure, relation non pas linéaire mais transversale.

Si nous semblons, au cours de la partie pratique de notre étude des séries de rêves, devoir laisser de côté ce concept très original de Jung, c’est pour une raison tenant à la nature même du travail.  Le corpus des rêves est observé comme un “ objet ” et nous ne savons rien des événements synchronistiques qui ont pu survenir pendant la période de production onirique.

Nous avons vu la nature du rêve, les significations et les causes de leur apparition, le cas particulier, fondement de la partie phénoménologique de notre recherche fondée sur les séries de rêves.

Il importe maintenant d’interroger Jung sur la portée pratique de ses théories.

Comment interprétait-il les rêves, comment considérait-il la relation entre le rêveur, le rêve et lui-même ?

Les mĂ©thodes d’interprĂ©tation de Jung

Après avoir tout d’abord employé la méthode de Freud des associations libres , Jung a considéré que cette méthode ne rendait pas compte de l’ensemble de la trame onirique. Elle ramenait inéluctablement aux complexes des sujets, complexes qui ne faisaient pas obligatoirement partie du rêve.

Il a alors dĂ©cidĂ© de “ dĂ©composer “ les rĂŞves pour en extraire toute leur substance et tenter d’en Ă©tablir le sens, ou plutĂ´t les sens aux diffĂ©rents niveaux d’interprĂ©tation. Il prenait chacun des Ă©lĂ©ments d’un rĂŞve et, sans opinion prĂ©conçue sur la manière dont cette image Ă©tait arrivĂ©e lĂ , procĂ©dait de manière concentrique Ă  l’ approfondissement du sens de l’image. Il appela sa mĂ©thode l’ ” amplification “. Mais Jung trouvait insuffisante la technique de dĂ©composition du rĂŞve en ses Ă©lĂ©ments, rĂ©miniscences, et motivations. Pour lui, cette façon de procĂ©der atteignait ses limites au moment oĂą :

“les symboles oniriques ne se laissent plus réduire à des réminiscences ou à des volitions personnelles, c’est-à-dire dès que surgissent des images de l’inconscient collectif.” 10

Il existe des matériaux psychiques qui semblent avoir très peu de sens dans le cadre d’une dissection analytique. Si, par amplification, on les isole, si on recherche, grâce aux moyens conscients, toutes les allusions qui peuvent s’y rapporter, ils dévoilent, alors, leur plénitude significative. Il faut ensuite procéder à une synthèse pour intégrer l’ensemble des données recueillies en une expression générale compréhensible.

On peut dire, au sujet de cette technique d’interprétation, que  Jung continua le travail de Freud en l’élargissant. Il est cependant un point sur lequel leurs vues divergent plus profondément.

Freud a, selon Jung, entrepris une démarche courageuse pour donner un sens au rêve mais il a effectué ses observations dans le champ de la psychopathologie. Il pense que les rêves, tout comme les névrosés, sont dissimulateurs. 11 Les rêves seraient alors “une simple façade derrière laquelle quelque chose est intentionnellement caché”. Jung réfute fermement cette vision de la psychologie onirique :

“Il n’est pas douteux que les névrosés dissimulent des choses désagréables, tout comme le font probablement les gens normaux. Mais est-il légitime d’étendre une pareille conception à un phénomène aussi normal et aussi répandu de par le monde que le rêve ? Je doute que nous devions admettre qu’un rêve soit autre chose que ce qu’il paraît être. Je me référerais plutôt à une autre autorité judaïque, à savoir le Talmud, qui dit que le rêve s’explique par lui-même. En d’autres termes, je prends le rêve pour ce qu’il est.” 12

Pour lui, le rêve est un “ événement naturel ”. L’inconscient est autonome, il a son projet et on ne voit aucune raison valable pour qu’il soit une invention rusée destinée à nous tromper. Le rêve ne dissimule pas, il expose. C’est pourquoi il faut éviter de l’analyser avec trop de hardiesse ou de défiance. On doit simplement l’accueillir, tel qu’il se présente, et le contempler pour, finalement, prendre conscience de ce qu’il exprime dans sa totalité.

Les deux plans d’interprĂ©tation

Il nous faut maintenant explorer un domaine relationnel, qui a pour caractéristique d’être enraciné dans un fond commun. Nous allons, en effet, voir que l’interprétation des rêves est, encore une fois, une histoire de relations.

Relation entre l’inconscient et le Moi conscient du rêveur s’il est seul face aux apports oniriques de l’inconscient.

Relation entre le rêveur, c’est à dire l’analysant, et l’analyste, cette relation formant une boucle qui passe par l’inconscient des deux protagonistes, cette communauté de fond étant à l’origine de la possibilité d’interprétation.

Relation à la totalité par l’accès commun à l’inconscient collectif.

e--phe--me vision re--ve 4Les deux plans sur lesquels les rêves peuvent être interprétés se distinguent aussi par le niveau d’approche relationnel : relation au monde extérieur et relation au monde intérieur. En effet, l’art de l’interprétation des rêves s’organise autour de deux techniques de base : l’interprétation dite sur le plan de l’objet et l’interprétation sur le plan du sujet.

L’interprétation dite sur le “ plan de l’objet ”, consiste à accorder une réalité objective aux acteurs et aux événements qui interviennent dans un rêve.

Selon cette approche, les images du rêve nous renseignent sur la relation qui existe entre le Moi du rêveur et des personnes ou des situations qui existent concrètement à l’extérieur de lui. Par exemple, s’il rêve de son oncle, le rêve véhiculera pour lui le point de vue de son inconscient sur sa relation réelle avec son oncle. C’est pourquoi, l’approche sur le plan de l’objet doit être privilégiée lorsqu’il s’agit pour le rêveur de prendre conscience des implications de la relation qu’il entretient avec le monde extérieur. Cette démarche est indispensable pour lui permettre de s’affranchir du poids des relations qui l’aliènent.

La deuxième approche, sur le “plan du sujet”, consiste, au contraire, à interpréter les images du rêve comme des figures intérieures à la vie psychique du rêveur, c’est à dire des symboles d’énergies ou de complexes déterminant la psyché inconsciente.

Cette approche fait des matériaux du rêve un moyen d’investigation, destiné à donner des renseignements sur la réalité intérieure du rêveur, à laquelle le Moi conscient ne peut accéder de lui-même. Dans cette optique, l’oncle du rêve sera une figure symbolique de l’animus représentant une détermination intérieure de la psyché. Jung écrit à ce sujet dans Psychologie de l’inconscient 13 :

“L’interprĂ©tation sur le plan de l’objet est analytique, car elle dĂ©compose le contenu du rĂŞve en sa trame complexe de rĂ©miniscence, de souvenirs qui sont l’écho de conditions extĂ©rieures. L’interprĂ©tation sur le plan du sujet au contraire est synthĂ©tique en ce qu’elle dĂ©tache des causes contingentes les complexes de rĂ©miniscences et les donne Ă  comprendre comme des tendances ou des composantes du sujet, auquel, ce faisant, elle les intègre Ă  nouveau.”

Il appelle, parfois, l’interprétation sur le plan du sujet méthode herméneutique, car ce procédé tient compte de l’ensemble des représentations de la psyché, qu’elles soient de nature individuelle ou issues de l’inconscient collectif, ce qui donne à leur interprétation de grandes possibilités d’amplification.

L’expérience nous a montré, maintes fois, que les deux approches ainsi définies ne sont pas incompatibles, et qu’il sera toujours intéressant d’aborder le même rêve successivement sur les deux plans. Le rêve apparaît ainsi comme le véhicule qui permet d’explorer à la fois la relation à notre monde extérieur et à notre monde intérieur.

Pour procéder à l’analyse détaillée des éléments du rêve, Jung préconise 14 de commencer par une sorte d’explication de texte, qu’il appelle établissement du contexte. Elle consiste, pour chaque détail saillant, à procéder, avec le rêveur, à un décryptage à partir des circonstances de sa vie personnelle et des associations évoquées. Ceci n’est qu’une première approche, mais ce travail initial est déjà très délicat, les associations devant être spontanées et l’interprète posséder une solide maïeutique.

L’établissement du contexte étant faite, il convient, à partir de ce matériel, d’établir un texte lisible ce qui présuppose :

“Une compréhension psychologique, une faculté de pénétration intuitive et de combinaison, une connaissance du monde et des hommes et, en outre, un savoir spécifique, reposant autant sur des connaissances étendues et approfondies que sur une certaine “intelligence du cœur”. 15

Ce savoir ne s’apprend ni dans les ouvrages sur les rêves, ni avec des schémas creux et stéréotypés ; il ne peut qu’être accordé par cette “intelligence du cœur”, accompagnée d’une grande humilité, qui fait que l’interprète confesse son ignorance devant chaque rêve, qui est à la fois totalité, unicité et surprise.

On peut mĂŞme observer que, dans un nombre important de rĂŞves d’apparence complexe, une structure commune apparait. Elle ressemble Ă  celle d’un drame avec phase d’exposition, phase d’action, phase de culmination ou pĂ©ripĂ©tie, dĂ©nouement. Ceci souligne le cĂ´tĂ© théâtral de la reprĂ©sentation de la totalitĂ© que nous avons privilĂ©giĂ© dans nos prĂ©mices. Jung Ă©crit :  (Sur l’interprĂ©tation des rĂŞves, p.47)

”Je vous livrerai ici un schéma qu’il est possible d’appliquer dans la plupart des cas :

  1. Situation : lieu temps, “Dramatis Pesonae”.
  2. Exposition : présentation du problème.
  3. Péripétie : présentation de l’action, surgissement de la catastrophe.
  4. Lyse : résultat du rêve, conclusion significative. Représentation compensatoire de l’action du rêve. “.

e--phe--me vision re--ve 1

Pour conclure sur l’interprĂ©tation

Dans l’étude de Jung sur les catégories de rêves, deux types ont été distingués : ceux qui peuvent trouver une explication dans les faits de la vie quotidienne, et proviennent de la sphère subjective et personnelle, et les rêves importants, susceptibles de rester toute la vie dans le souvenir 16.

Jung a examiné un grand nombre de ces derniers rêves et trouvé qu’ils différaient des autres par une particularité : incluant des “formations symboliques que l’on rencontre aussi dans l’histoire de l’esprit humain“, ces rêves contiennent des motifs mythologiques archétypiques indépendants de l’époque, de la race et du milieu. Leur interprétation est très difficile, car elle ne dépend pas des expériences personnelles du rêveur mais d’histoires mythiques, de trésors cachés, de dragons, de Mère Terrible ; histoires dont le rêveur ignore qu’elles sont véhiculées par son inconscient. Il en a tiré la conclusion suivante :

“Leur apparition fréquente dans les cas individuels comme leur ubiquité ethnique prouvent que l’âme humaine est seulement pour une part actuelle, subjective et personnelle, et pour une autre part collective et objective.” 17

Il n’y a pas d’échelle de valeur entre les rêves d’une grande richesse symbolique et les rêves ordinaires. Des songes, apparemment anodins, sont susceptibles, en particulier dans une série, de se révéler comme étant l’ombre de choses plus importantes. Par leur banalité même, ils possèdent un grand caractère d’authenticité :

“les images banales, dans le rêve, sont, quant à leur fondement archétypique, presque toujours plus instructives et d’une plus grande force démonstrative que les rêves à teneur mythologique, que l’on peut toujours suspecter d’être inspirés par une lecture.” 18

Qu’il s’agisse d’images banales ou de scènes grandioses et bouleversantes, l’utilité des rêves est identique. Bien compris, ils permettent l’émergence d’un riche matériel, propre à faciliter l’exploration de l’inconscient. Ils nous montrent, en particulier, une opposition entre le message onirique et les tendances de la conscience, d’où le concept jungien d’autonomie de l’inconscient  19 qui est étranger à Freud.

Ce concept suppose que, non seulement le rêve n’obéit pas à la volonté, mais que, souvent, il s’y oppose. Jung a qualifié ce mode de comportement du rêve de “compensation” 20 :

“Pour caractériser d’un mot et à la fois tous les modes de comportement du rêve, le seul concept acceptable qui se soit présenté à mon esprit est celui de compensation .…La compensation … ainsi que son nom le dit, est l’affrontement, la comparaison, la confrontation de différentes données ou de différents points de vue, d’où peut résulter un redressement ou un équilibre.” 21

C’est en fonction du degré d’unilatéralité du Moi conscient, que s’effectue la recherche d’équilibre de l’inconscient vis-à-vis d’une situation de la vie consciente :

“Si l’attitude consciente à l’égard d’une situation donnée de la vie est fortement unilatérale, le rêve adopte un parti opposé. Si la conscience se tient aux environs du “juste milieu”, le rêve se contente d’exprimer des variantes. Si l’attitude de la conscience enfin est ”correcte” (adéquate), le rêve coïncide avec cette attitude et en souligne les tendances sans perdre pour autant l’autonomie qui lui est propre.” 22

Il faut, en outre, considérer qu’il n’y a pas de “ bons” ou de “ mauvais ” rêves, et qu’ils contiennent, à la fois, des aspects positifs et des aspects négatifs. Habituellement, l’un semble plus marqué que l’autre mais il s’agit, là encore, d’un jugement du conscient susceptible d’être contredit ultérieurement par l’inconscient.

Si on ajoute à la recherche d’équilibre entre le conscient et l’inconscient, l’élément supplémentaire que la présence de l’analyste introduit au sein de ces confrontations et ajustements, on se trouve devant un système de relations et de connexions qui exige quelques nouveaux repères, si nous voulons éviter d’égarer le lecteur par le côté labyrinthique d’une pensée concernant à la fois la vie autonome du rêve, son interprétation, et son influence sur l’évolution du rêveur.

En savoir plus

Notes :

  1.  p 58
  2.  Sur l’interprĂ©tation des rĂŞves, p. 22, 23.
  3.  Le schĂ©ma ci- dessous est recopiĂ© de la page 23 de Sur l’interprĂ©tation des rĂŞves.
  4.  L’homme et ses symboles, p. 51.
  5.  Synchronicité et Paracelsica, p. 29.
  6.  Synchronicité et Paracelsica, p.43
  7.  Synchronicité et Paracelsica p.106
  8.  Cf. Correspondance,V, p. 49
  9.  p. 114
  10.  Psychologie de l’inconscient, p. 153
  11.  “Si le contenu latent de mon rĂŞve est ainsi dĂ©formĂ©, dĂ©formĂ© en son contraire … la dĂ©formation est voulue, elle est un procĂ©dĂ© de dissimulation“. S. Freud, L’interprĂ©tation des rĂŞves,p. 129
  12.  Psychologie et religion,p. 49
  13.  p. 159
  14.  La guérison psychologique, p. 66 à 68
  15.  La guérison psychologique, p. 67
  16.  La guérison psychologique, p. 74 à 78
  17.  La guérison psychologique, p. 74
  18.  Correspondance, t3, p. 68
  19.  La guérison psychologique, p. 70 à 72
  20.  la compensation Ă©tait dĂ©jĂ  une notion freudienne mais dans le sens de compensation nocturne d’un dĂ©sir diurne non satisfait. De nombreux exemples sont donnĂ©s dans le chapitre III de L’interprĂ©tation des rĂŞves de S. Freud intitulĂ© : Le rĂŞve est un accomplissement d’un dĂ©sir
  21.  La guérison psychologique, p. 70
  22.  La guérison psychologique, p. 70