C.G. JUNG

Rêve, Alchimie, Homéopathie, Poésie

Les fonctions psychologiques

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Approches pr√©liminaires : Les 4 fonctions et l’orientation de l’√©nergie

La pr√©sentation, que je propose sur ce site, n√©cessitera un d√©coupage arbitraire afin de tenter d’√™tre aussi exhaustif que pr√©cis, tout en restant simple et, si possible, fid√®le √† la pens√©e originale.

types psychologiques

Jung a rapidement r√©alis√© que,¬†si¬†« la vie int√©rieure », r√©gie par des processus inconscient, gouvernait la dynamique psychologique de l’individu, il existait √©galement des lois pr√©cises qui op√©raient sur la facette consciente de la psych√©. Il en tirera un livre dense, les Types psychologiques.

L’individu est constamment soumis √† des contenus provenant du monde ext√©rieur, ou int√©rieur (on oublie souvent de pr√©ciser que la th√©orie des fonctions psychologiques s’appliquent de la m√™me mani√®re aux objets ext√©rieurs qu’√† ce qui se pr√©sente de l’int√©rieur). Pour capter et assimiler ces contenus, il¬†s‚Äôappuie¬†sur des processus psychiques, les¬†quatre¬†fonctions psychologiques et sur une modalit√© d’utilisation de l’√©nergie psychique, l’introversion ou l’extraversion.

Extraversion/Introversion

Au plus rapide, disons que l’homme a besoin d’√©nergie psychique pour vivre. Dans le cas o√Ļ l’individu la trouve dans l’environnement ext√©rieur, les activit√©s et les exp√©riences, il a une inclinaison extravertie. Dans le cas o√Ļ il la trouve dans l’univers int√©rieur des id√©es, des souvenirs et des √©motions, il pr√©sente une inclinaison introvertie.

Présenter une inclinaison ne signifie jamais répondre uniquement à cette tendance !
  • ¬†Extraverti

Pr√©cisons un peu les choses. Celui-ci tire son √©nergie du monde et sa conscience regarde vers l’ext√©rieur parce que c’est toujours de l√† que vient la d√©termination importante et d√©cisive (pour lui √©videmment, nous endossons le manteau d’extraverti dans ce paragraphe).

‚Üí Ses forces¬†: ¬†N’ayant d’autre pr√©tention que de remplir les conditions objectivement fix√©es, il est per√ßu comme sociable et souvent appr√©ci√© pour son enthousiasme. Il peut¬†para√ģtre¬†souvent courageux en r√©pondant sans concession √† ses objectifs.

‚Üí Risques¬†: ¬†Il y a l’in√©vitable dispersion, sa parole volubile qui prend le dessus de l’√©coute…mais plus profond est le risque de refoulement du moi profond; dans sa r√©ponse aux n√©cessit√©s de l’ext√©rieur, les besoins int√©rieurs peuvent √™tre n√©glig√©s.

  • ¬†Introverti

Ce dernier tire son √©nergie de la consid√©ration int√©rieure subjective. Il se glisse toujours, entre la perception de l’objet (le monde) et sa propre action, une opinion personnelle qui emp√™che l’action de prendre un caract√®re correspondant √† la donn√©e objective. Il ne se coupe pas du monde mais communique avec lui par l’interm√©diaire de sa perception int√©rieure.

→ Ses forces : concentration, écoute, contenu et réservé.

‚Üí Risques¬†: il ne se sent √† l’aise que dans la solitude, face √† lui-m√™me. Dans un cas pouss√©, il peut alors b√Ętir des¬†syst√®mes¬†autoritaires dans l’insensibilit√© d’autrui.

Il me semble important de prendre en consid√©ration ces tendances naturelles de l’homme car, comme beaucoup d’aspects de la psychologie jungienne, elles incitent √† un regard plus tol√©rant, plus ouvert sur l’autre, en particulier sur celui qui nous semble si loin, qui peut √™tre d’une tendance oppos√©e. Il n’y a pas de bon ou de mauvais jugement, qu’il soit centr√© sur le monde ou sur soi, il n’est qu’une r√©ponse √† notre nature.

Les 4 fonctions : Boussole psychologique

Tout d’abord il est bon de souligner que ces fonctions s’associent par paire d’activit√©, c’est pour cela que vous trouverez un¬†« OU » dans chaque processus, une fonction √©tant exploit√©e, elle condamne naturellement l’autre √† √™tre « d√©laiss√©e ».

L’individu, en construboussoleisant son Moi (en devenant adulte et « affirm√© » sur un plan individuel), va d√©velopper une attitude psychologique qui le conduira √† exploiter des fonctions, au d√©triment des autres. Restons vigilants cependant √† parler de fonctions favoris√©es, aucune n’est r√©ellement abandonn√©e et cette attitude √©volue toute la vie…c’est l’individuation (on y¬†reviendra largement plus tard). Et c’est cette m√™me individuation qui poussera l’individu √† « opter » pour des fonctions plut√īt que d’autres, ainsi √©videmment que le besoin d’adaptation dans la petite enfance et le cursus personnel.¬†MAIS¬†cette inclinaison n’est jamais fig√©e et il m’appara√ģt ridicule de dire « tu es un extraverti intuitif » comme une v√©rit√© d√©finitive. Jung lui-m√™me, voyant cette tendance de cat√©gorisation rigide poindre avec l’√©laboration de ses types, r√©digea un ouvrage pour apporter la nuance n√©cessaire (L’homme et ses symboles).

 1- Accueillir le contenu (Fonctions irrationnelles)

¬†a – Sensation¬†: Cette fonction op√®re en transmettant les stimuli physiques per√ßus. Nous restons avec cette fonction dans l’impression sensible et aucune relation ne s’√©tablit avec l’objet. Comme nous sommes dans le registre du « spontan√© » et non dans celui de « l’√©labor√© », on parle de¬†fonction irrationnelle.

OU

¬†b – Intuition¬†: C’est une fonction tr√®s particuli√®re. En effet, Jung souligne qu’elle « transmet les perceptions par voie inconsciente » qu’elle permet de lire « par del√† les choses ».¬†L’intuition vise les possibilit√©s que cachent une chose, un √™tre ou une situation.¬†On dit de¬†quelqu’un¬†qu‚Äôil est intuitif s‚Äôil porte des jugements justes sans justification logique ni possibilit√© d‚Äôanalyse. Cette fonction me para√ģt tellement essentielle et distincte des autres, que je ferai un billet d√©di√© prochainement.

 ET

2- Traiter l’information, √©tablir un jugement (Fonctions rationnelles)

a – Pens√©e¬†: Cette fonction est plus complexe que beaucoup de vulgarisateurs le laissent entendre. Je ne veux pas embrouiller le lecteur, je resterai √† la surface pour le moment.¬†La meilleure d√©finition est donn√©e par son « concepteur » :¬†« en fonction de ses propres lois √©tablit des connections conceptuelles entre des contenus de repr√©sentation donn√©s ». Disons simplement que la fonction est analytique. Signalons qu »il existe cependant un autre aspect, la pens√©e abstraite…

OU

b – Sentiment: ¬†L√†, nous sommes dans le coeur de la relation sujet/objet. Cette fonction √©tablit une √©chelle de valeurs, un jugement purement subjectif (bon/mal, beau/laid, etc). Si elle ouvre la porte √† la sensibilit√©, la compassion, elle construit aussi un r√©f√©rentiel par dichotomie qui complique l’acc√®s √† la totalit√© r√©elle des choses (ext√©rieures comme int√©rieures), entra√ģnant parfois le jugement destructeur ou la sollicitation √©touffante.

Vous l’aurez compris le « ET » signifie qu’il nous faut une fonction de perception compl√©t√©e d’une fonction de jugement pour appr√©hender les contenus. Je vais m’arr√™tais ici pour le moment, nous verrons prochainement les implications de ce sch√©ma cardinal dans l’√©volution psychologique de l’individu sur le chemin de l’individuation.

En r√©sum√© :¬†« La sensation vous dit que quelque chose existe¬†; la r√©flexion vous dit ce que c‚Äôest¬†; le sentiment vous dit si c’est agr√©able ou pas¬†; et l’intuition vous dit d’o√Ļ il vient et o√Ļ il va » Jung


 La fonction intuition

cheminCette fonction est probablement la plus d√©licate √† saisir et √† d√©finir, √©chappant √† la plupart des tentatives intellectuelles. Qualifi√©e d’irrationnelle, comme la fonction sensation, c’est une fonction perceptive qui ne r√©pond pas √† la loi de la raison mais de l’impression. Elle¬†donne une perception imm√©diate et directe des choses.¬†La compr√©hension est spontan√©e, non¬†r√©fl√©chie.¬†Elle est le produit d’une inspiration et non d’un acte volontaire. Pour Jung, l’intuition est liminale, dans le sens o√Ļ elle se situe au seuil de l’inconscient. C’est la derni√®re fonction qu’il ait r√©ussi √† d√©celer, √©tant convaincu pendant longtemps que seules les trois premi√®res r√©pondaient √† toutes relations entre le sujet et l’objet.

Cette fonction agit par image et¬†n√©cessite ensuite une¬†« coop√©ration » pour √™tre exploit√©e. L‚Äôexercice¬†le plus d√©licat et le plus p√©rilleux (l’impr√©gnation du moi n’est jamais loin), est de r√©ussir √† rester √† la fois ouvert √† l’intuition et confiant. Il me semble que sans ces deux param√®tres, elle ne peut exister ou m√™me avoir une raison d’√™tre. Le travail que l’on peut op√©rer avec l’intuition ressemble √©trangement √† celui que l’on peut faire avec l’inconscient. Plus que toute autre fonction, une seule attitude semble efficace, « laisser advenir ».

Voici un extrait des entretiens, √©dit√©s par la Fontaine de Pierre, o√Ļ Jung √©voque l’intuition.

entretiens« Remarquez, je ne savais rien de l’intuition alors. Elle est¬†venue en dernier lieu parce que, bien entendu, c’est aussi la plus difficile. Parce qu’on ne peut pas bien la saisir, elle n’est¬†pas rationnelle. Penser est rationnel, ou vouloir savoir ce qu’est¬†une chose. Savoir ou apprendre la valeur que vous accordez¬†√† quelque chose est aussi de l’ordre du rationnel. Affirmer¬†que quelque chose existe, ce que fait la sensation, est aussi assez rationnel en fait. Et ensuite ? Au-del√†, voyez-vous, il n’y¬†a rien, si bien que je d√©clare que nous avons trois fonctions.¬†Et, pr√©cis√©ment √† ce moment-l√†, j’ai une patiente, une femme¬†intelligente qui √©tait tr√®s √©veill√©e √† certains √©gards, mais extr√™mement n√©vros√©e. Un jour, elle m’a dit : ¬ę Pourquoi ne parlez-vous pas de l’intuition ? ¬Ľ J’ai r√©pondu : ¬ę Qu’entendez-vous¬†par intuition ? Ce n’est pas une fonction. ¬Ľ.

Elle ne faisait pas partie de mes trois fonctions, voyez-vous.¬†Qu’est-ce que l’intuition, en fait ? C’est un pressentiment.¬†Ce n’est rien. Comment pouvez-vous d√©finir une intuition ?¬†Soudain vous vous souvenez de quelque chose, vous pr√©voyez¬†quelque chose que vous ne pouviez absolument pas pr√©voir.¬†C’est compl√®tement infond√©, voyez-vous, infond√©. Comment¬†pouvez-vous savoir quelque chose √† l’avance, personne ne¬†sait rien √† l’avance, c’est uniquement de la devinette. « 


 La différenciation des fonctions psychologiques

Serpiente_alquimicaNous avons vu comment se constitue l’appr√©hension du monde ext√©rieur (l’objet) au sein de l’individu (le sujet), au crible des 4 fonctions. La distinction de ces quatre fonctions est essentielle : sans diff√©renciation, on reste prisonnier de l’ambivalence, la contradiction et on est incapable de d√©finir une orientation, de construire un sens.

  1. Fonction dominante

Lorsque l’enfant se d√©veloppe normalement, le processus d’individuation et les √©l√©ments de conditionnement (Jung parle « d’ambiance ») vont le conduire √†¬†privil√©gier une fonction, celle qui r√©pond √† ses aptitudes naturelles et √† ses besoins.¬†C’est la fonction dominante. Parlons un peu de libido, notion qui, chez Jung, est tr√®s distincte de celle de Freud. Pour Carl Jung, on pourrait tr√®s rapidement la nommer « √©nergie psychique » et m√™me principe de vie. La libido va donc logiquement s’investir dans cette fonction privil√©gi√©e, au d√©triment des autres (la « r√©serve » de libido √©tant d√©finie et stable pour chacun).

Ainsi quelqu’un qui a la fonction pens√©e dominante va avoir tendance √† intellectualiser les choses, √† les passer au moulinet de la r√©flexion c√©r√©brale.

Un autre, de type intuitif, va plut√īt comprendre spontan√©ment les possibilit√©s cach√©es d’un objet, sans justification possible.

2. Fonction auxiliaire

Apr√®s l’√©tablissement, la diff√©renciation de la fonction dominante, en g√©n√©ral vers l’adolescence, arrive une fonction compensatrice (la compensation est aussi une notion essentielle dans la pens√©e de Jung),¬†la fonction auxiliaire. Elle sert, comme son nom l’indique, d’auxiliaire car elle compl√®te et seconde la dominante. Ces deux fonctions compl√©mentaires sont dans une polarit√© verticale;¬†Par cons√©quent, la fonction auxiliaire r√©pond √† une charge de libido inverse et, selon le sch√©ma vu au-dessus, si la fonction dominante est en perception, l’auxiliaire est en jugement (et inversement).

Un individu d’inclinaison extraverti / (pens√©e ou sentiment) aura une fonction auxiliaire introvertie / (sensation ou intuition).

A ce stade,¬†nous sommes en pr√©sence d’une paire de fonctions privil√©gi√©es, fondatrice de la personnalit√©, de la face « visible » et consciente de l’individu. Mais comme il s’agit de penchant, d’inclinaison, les deux autres fonctions ne sont jamais totalement d√©laiss√©es, juste « mises √† l’√©cart », peu exploit√©es ou d√©velopp√©es.

De la m√™me mani√®re que la premi√®re paire de fonctions, ces fonctions se compl√®tent, s’√©quilibrent et « jouent » dans deux modes d’exploitation de libido (extraversion et introversion). Ces deux derni√®res fonctions sont d√©finies une fois la premi√®re paire diff√©renci√©e, donc en g√©n√©ral √† l’√Ęge adulte.

La paire qui suit peut correspondre √† la face cach√©e de notre personnalit√©…nous verrons plus tard que¬†c’est justement sur ce plan particulier que doit travailler l’individu sur le chemin.

3.  Fonction tertiaire

¬†Elle se situe dans la m√™me fonction mentale que la fonction auxiliaire (extraversion /introversion) mais est l’attitude oppos√©e.

Si ma fonction auxiliaire est introvertie / pensée, ma fonction tertiaire sera introvertie / sentiment.

Si ma fonction auxiliaire est extravertie / intuition, ma fonction tertiaire sera extravertie / sensation.

4. Fonction inférieure

A l’instar de la tertiaire avec l’auxiliaire, elle se situe dans le m√™me « mode » √©nerg√©tique que la dominante, mais toujours en opposition. Cette fonction est tr√®s particuli√®re, la moins charg√©e en libido et donc la plus lointaine de la sph√®re de la conscience. Elle « flotte » naturellement dans le domaine inconscient et¬†comme √©l√©ment issu de l’inconscient, elle poss√®de un potentiel puissant de transformation. Bien qu’elle soit la source de malaise profond (c’est notre point faible dans toute son acception), la consid√©rer ouvre les portes d’une transformation importante.

Un individu extraverti sentimental aura une fonction inférieure extravertie / pensée.

Un individu pourra se d√©finir¬†par son orientation d’√©nergie, par sa fonction dominante et sa fonction auxiliaire associ√©e.


Dynamique et individuation

Maintenant que nous avons d√©fini les 4 fonctions psychologiques de Jung, et leur ‘organisation » ou hi√©rarchisation au sein de l’individu, il reste un point essentiel √† traiter : leur dynamique en jeu dans l’√©volution psychique.

En effet, Jung a constat√© que chaque individu, de mani√®re singuli√®re, est amen√© progressivement √† r√©pondre √† sa propre nature profonde; Il a appel√© ce processus,¬†individuation. L’individuation impose que le r√īle de chaque fonction soit¬†remis en cause tout au cours de la vie.
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Nous avons d√©j√† mentionn√© les deux axes, constitu√©s en fait par les deux paires de fonctions, √† savoir la perception de l’objet (qui d√©finit et qui est qualifi√© d’irrationnelle(1) par Jung) et son jugement (qui d√©cide, rationnelle). Les sch√©mas exploit√©s pour parler des fonctions psychologiques se pr√©sentent toujours selon ces deux axes, perpendiculaires, dont le point de jonction est le cŇďur de la conscience (le Moi).
dynamique fonctions psychologiques

Fonctions psychologiques – Exemple d’√©volution

Voici donc, en cas d’√©cole, un exemple choisi, arbitrairement, pour qualifier le dynamisme des fonctions psychologiques.

1. Diff√©renciation : Comme nous l’avons vu, de l’enfance √† l’√Ęge adulte, une paire de fonctions √©merge, donnant la capacit√© de capter et d’√©valuer au sein de la psych√©. Ici, l’individu a d√©velopp√© une fonction de perception A extravertie, fonction dominante, coupl√©e √† une fonction de jugement A, introvertie, fonction secondaire.

2. Compensation et travail sur l’ombre : L’autre paire d√©laiss√©e¬†demeure active, dans l’ombre de l’inconscient, en particulier la fonction inf√©rieure, profond√©ment enracin√©e, √©loign√©e de la conscience. Ramener √† la lumi√®re de la conscience cette fonction est un travail difficile, long mais √ī combien salutaire. ¬†Ici, l’individu ira vers¬†une fonction de jugement B, d’orientation extravertie (oppos√©e √† la fonction secondaire) et enfin vers une fonction de perception B, d’orientation oppos√©e √† la dominante, soit introvertie.

Ce d√©veloppement est¬†une voie d’accomplissement qui lib√®re toutes les potentialit√©s de l’individu¬†!


Fonctions endopsychiques

sur-les-fondements-de-la-psychologie-analytiqueCes approches des fonctions psychologiques nous ont permis de constater l’interp√©n√©tration du « mondes psychiques », √† savoir la conscience et inconscient.

Apr√®s les fonctions permettant l’orientation du sujet dans le monde « objet »,¬†qualifi√©¬†par Jung de monde exopsychique, il introduit la notion de¬†monde¬†endopsychique,¬†¬†comme le syst√®me de relations entre les contenus de la conscience et les processus de l’inconscient. Il va recenser un certains nombres de fonctions, qu’il¬†pr√©f√©rera¬†appeler¬†plus tard facteurs. On retrouve clairement la trace de ces √©tudes dans le r√©cent livre sur les conf√©rences de Tavistock.

Pour √™tre pr√©cis, les fonctions endopsychiques sont¬†au dessous du seuil de conscience mais, √† l’instar de la fonction intuition, « gravitent dans sa frange ». Nous allons les aborder par « profondeur croissante ».

1- La mémoire

C’est notre capacit√© √† r√©activer des contenus qui √©taient pass√©s dans l’inconscient. Si l’on accepte la d√©finition de base de l’inconscient, il ne faut alors pas perdre √† l’esprit que tous ces souvenirs stock√©s que l’on peut retrouver avec plus ou moins de facilit√© (donc ramener vers la conscience) sont naturellement « stock√©s » au sein de notre inconscient. La m√©moire appara√ģt comme l’outil excavateur qui ram√®ne √† la surface. Cette facult√© poss√®de la capacit√© d’√™tre contr√īl√©e dans une certaine mesure par la volont√© (on peut am√©liorer ses capacit√©s m√©morielles).

2 – Les composantes subjectives des fonctions conscientes

L√†, nous sommes en plein « versant nord de la montagne psych√© ». Ces composantes sont d’ailleurs en √©troite relation avec l’ombre de l’individu, arch√©type ¬†fondamental que nous aborderons bient√īt sur ce site. Ces composantes r√©pondent √† notre nature profonde, donc subjective, sous son aspect le moins d√©velopp√© voire refoul√© de chacun. Lorsqu’une fonction psychologique est « activ√©e », le r√©sultat est imm√©diat et syst√©matiquement accompagn√© d’une r√©action que l’on cherche √† faire taire.

Imaginons que nous rencontrons quelqu’un pour la premi√®re fois. Apr√®s quelques √©changes, la fonction sentiment va √©valuer la « valeur » que j’accorde √† l’inconnu….il semble gentil, aimable…mais simultan√©ment, viendra la conviction ressentie qu’une¬†gentillesse¬†ostentatoire r√©v√®le forc√©ment une grande fausset√© ou hypocrisie. Cette pens√©e, je la garde pour moi afin de rester dans les bonnes conventions sociales…et finalement passer moi aussi pour un « aimable personnage ». Exemple¬†caricatural¬†mais qui r√©v√®le la composante subjective d’une fonction en action.

Identifier ces composantes et tenter d’en retrouver leur source est d’ailleurs une √©tape cruciale (et √ī combien d√©licate car nous ne voulons surtout pas rayer la patine de notre vernis).

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3 – Emotion et affect

L’√©tymologie du mot « √©motion »¬†vient du latin¬†motio¬†= mouvement,¬†e = qui vient de.¬†C’est en effet un mouvement interne qui nous submerge, prend provisoirement les commandes, et puis s’en va. Si on peut sentir son arriv√©e, il est excessivement difficile de la contr√īler. D’apr√®s Jung, ces √©motions prennent racine dans l’inconscient.

A ce sujet d’ailleurs, il √©crit dans¬†L’homme et ses symboles¬†:

…Et la facult√© de dominer nos √©motions, qui peut nous para√ģtre d√©sirable d’un certain point de vue, serait par ailleurs une qualit√© de valeur contestable, car elle enl√®verait aux relations humaines toute vari√©t√©, toute couleur, toute chaleur et tout charme…

L’affect est enracin√© encore plus en profondeur car il est l’expression d’un complexe.

4 – L’irruption

Ici, la conscience est quasiment en veille et les contenus inconscient ont l’ascendant pour un temps. C’est d’une nature proche de l’affect et de l’√©motion mais la charge de libido est nettement plus √©lev√©e. L’individu prit par l’irruption peut √™tre saisi de lubies, d’apathie, de fantasmes √©veill√©s. On dira « il n’est plus lui-m√™me » ou « il traverse une dr√īle de phase ». C’est un ph√©nom√®ne provisoire et rare chez l’individu « normal » mais symptomatique chez le n√©vros√©.

Au-del√† de l’irruption, nous sommes dans l’inconscient et ne pouvons donc rien en dire.