C.G. JUNG

Rêve, Alchimie, Homéopathie, Poésie

Epigones

EPIGONE ¬†(litt√©raire): Successeur, souvent avec un peu d’originalit√© d’un parti, une oeuvre, une √©cole, etc


TEILHARD DE CHARDIN, NOOSPHERE

Voici un nom¬†qTeilhard de Chardinui reste dans la m√©moire collective.¬†Paradoxalement, peu connaisse l’oeuvre de cet homme¬†(1881-1955)¬†au parcours atypique, contemporain de Jung. Education catholique rigoureuse, ordonn√© pr√™tre de la communaut√© j√©suite √†¬†30 ans, form√© √† la¬†pal√©ontologie¬†o√Ļ ses recherches aboutiront √† des d√©couvertes encore reconnues aujourd’hui. Un homme de science et de religion engag√© qui puisera dans ces sources pour aboutir √† des th√®mes qui ne peuvent qu’√©mouvoir les jungiens en particulier et le ¬ę¬†cherchant¬†¬Ľ en g√©n√©ral.

Deux¬†caract√©ristiques¬†principales : la conviction que l’√©volution de l’homme l’am√®nera √† une spiritualisation de la mati√®re, plus haut degr√© de spiritualit√© et ¬†celle qui pr√©sente esprit et mati√®re comme deux facettes de la m√™me r√©alit√©, quel bel √©cho √† l’Unus Mundus de Jung.

L’homme

En lisant la biographie de De Chardin, j’ai retrouv√© des similitudes avec la personnalit√© de Jung (et probablement communes √† tous les grands esprits); citons en particulier¬†l’amour de l’humain, une force et un d√©vouement inou√Į pour ses recherches, qui le¬†conduiront jusqu’au sacrifice ultime¬†(en d√©couvrant sa publication sur le¬†P√™che originel, qui le m√®nera √† une mise √† l’index de l’√©glise et de lourdes contraintes pos√©es par son ordre, je revoyais Jung abandonnant l’√©cole freudienne en publiant ses¬†M√©tamorphoses¬†de l’√Ęme).

Sa pensée

Je vais m’√©loigner un peu de la pal√©ontologie. Ses travaux sur l’√©volution de l’esp√®ce humaine (alli√©s √† ses connaissances th√©ologiques) l’amen√®rent √† certains concepts qui ne seront pas sans nous √©voquer ceux de Jung.
Nous pourrions r√©sumer ceci par cette phrase :¬†l‚Äô√©volution est une mont√©e spirituelle qui a sa source dans la¬†¬ę puissance spirituelle de la mati√®re ¬Ľ. Pour De Chardin, un examen critique de l’histoire de l’esp√®ce humaine aboutit √† la conclusion suivante : l’homme est conduit naturellement √† une spiritualisation de plus en plus structur√©e et ext√©rioris√©e,¬†impliquant une conscience en continuelle accroissement¬†(formulation diff√©rente mais id√©e identique exprim√©e par Jung lorsqu’il mentionne les primitifs et leur spiritualit√© bas√©e sur des projections ¬ę¬†les esprits de la nature¬ę¬†).
Il nous faut mentionner √©galement sa th√©orie de l‚Äô√©nergie qu’il consid√®re comme l’√©l√©ment originaire de la vie elle-m√™me. Il la con√ßoit √† l’origine¬†de nature psychique, se diff√©renciant ensuite en √©nergie¬†physique et en mati√®re.¬†Esprit et mati√®re seraient donc intrins√®quement li√©s. L’homme serait porteur de ce potentiel spirituel, √©tant le seul √™tre vivant pouvant conna√ģtre une croissance continue de la conscience.

La noosphère

Le radical grec no√ľs d√©signe un concept aristot√©licien √©voquant¬†le principe qui ordonne esprit et mati√®re. Chardin emprunte le terme du chimiste et min√©ralogiste¬†Vernadsky. Ce dernier voyait l√† la troisi√®me √©tape du vivant, apr√®s la g√©osph√®re et la biosph√®re.
Il est d√©licat de r√©sumer simplement le concept car De Chardin lui-m√™me l’a d√©velopp√©, enrichi et pr√©cis√© tout au long de sa vie…disons, de mani√®re lapidaire, qu’il s’agirait d’un tissu vivant enveloppant la plan√®te (√† l’instar des couches de l’atmosph√®re) et constitu√© d’une part de la conscience de chaque individu depuis que l’homme poss√®de une conscience de lui-m√™me. Cette nappe issue de consciences poss√©derait elle-m√™me¬†sa propre facult√© de pens√©e. Pour le j√©suite, cette noosph√®re conduirait¬†graduellement¬†l’humanit√© a toujours plus de conscience, d√©passant les civilisations, puis les soci√©t√©s, les lois puis l’√©thique,¬†pour renouer avec l’esprit immanent de la mati√®re sous une forme unifi√©e de ¬ę¬†spiritualit√©¬†¬Ľ.
Jung √©crira √† la fin de sa vie qu’il √©tait convaincu que De Chardin connaissait ses travaux…il est vrai que la noosph√®re et l’inconscient collectif ont ind√©niablement de forts liens de cousinage.

global consc

NOOSPHERE ET GLOBAL CONSCIOUSNESS PROJECT

Projet particulier qui soul√®ve un certain nombre de pol√©miques dans le milieu scientifique, le¬†Global Consciousness Project (ou GCP), tente de¬†mettre en √©vidence ce lien subtil qui unit le genre humain, je pense que¬†Jung¬†aurait ador√© l’exp√©rience, lui qui la tenta √† plusieurs reprises si malheureusement et avec les maigres moyens techniques de l’√©poque…

A quoi cela sert il ?

L‚Äôobjectif¬†premier est d’√©tudier ¬ę¬†les corr√©lations subtiles qui refl√®tent la pr√©sence et l‚Äôactivit√© de la conscience √† l‚Äô√©chelle du monde¬†¬Ľ. ¬†En termes simples, tenter de v√©rifier, de mani√®re scientifique, qu’il existe un champ collectif de conscience humaine, que De Chardin d√©signait sous le terme de¬†noosph√®re.
Petite remarque, le projet mentionne une conscience collective mais puisqu’elle √©chappe √† l’esprit humain et √† l’individu en particulier,¬†ne sommes nous pas dans la face cach√©e de la conscience, c’est √† dire l’inconscient¬†? Et, plus clairement, le projet touchant l’√©chelle de l’humanit√©, ne sommes nous pas sur le territoire de ce que Jung nommait¬†l’inconscient collectif¬†?

Qui ?

¬†L’histoire¬†d√©bute dans la prestigieuse √©cole am√©ricaine de Princeton, sous l’√©gide d’un sp√©cialiste de la physique des particules,¬†Robert Jahn, passionn√© √©galement de parapsychologie, qui tenta les premiers essais avec des √©tudiants et fut tr√®s¬†surpris de constater que des r√©sultats normalement al√©atoires semblaient influenc√©s…Roger¬†Nelson, toujours de Princeton mais cette fois sp√©cialiste de psychologie cognitive, a dirig√© l’ouverture de ce projet en septembre 1997.

Comment cela fonctionne t’il ?

  • Pour faire au plus simple, voici le principe : 65 ¬ę¬†g√©n√©rateurs de nombres al√©atoires¬†¬Ľ (GNA) r√©partis dans le monde entier envoient, √† chaque seconde, 200 nombres binaires (0 ou 1),
  • Sur un plan statistique et sur une √©chelle de masse (beaucoup de donn√©es), on devrait obtenir¬†50% de 0 et 50% de 1,
  • Les constats depuis 1997 permettent de r√©v√©ler des fluctuations, parfois importantes, dans les tendances statistiques,
  • Un recensement des √©v√®nements mondiaux ¬ę¬†remarquables¬†¬Ľ est fait pour tenter d’√©tablir une corr√©lation avec les √©carts statistiques anormaux.
Localisation des ¬ę¬†GNA¬†¬Ľ

Des résultats

D√©licat de se prononcer¬†d√©finitivement¬†car les r√©sultats sont √©videmment sujets √† pol√©mique et les √©carts sur des milliards de donn√©es¬†ne sont pas syst√©matiquement li√©s √† un √©v√©nement…de plus, si l’on prend le cas marquant du 11 septembre 2001, des √©carts importants sont r√©v√©l√©s par l’√©quipe du GCP…mais remis en cause par une autre √©quipe ind√©pendante (la pol√©mique se situe sur le choix des GNA).
Il n’emp√™che qu’il ne faut pas perdre √† l’esprit qu’un √©cart statistique notable (beaucoup plus de 1 que de 0 par exemple) n’a qu’une chance infime de se produire ¬ę¬†naturellement¬†¬Ľ (en g√©n√©ral moins de 1 chance sur 100 000).
La mort de Diana, de m√®re Th√©r√©sa, le tsunami de 2004, l’√©lection d’Obama, le printemps arabe sont des exemples d’√©v√®nements ayant une corr√©lation avec des √©carts…
Ci-dessus, le pic au moment du 11 septembre 2001 avec un fait troublant : les écarts se sont révélés 4 heures avant la chute du premier avion.
 
Que chacun construise son propre avis, je trouve n√©anmoins courageux qu’un institut de notori√©t√© mondiale ait pu d√©gager des fonds et des hommes pour une recherche que beaucoup¬†consid√©rerait¬†comme marginal et non rentable…