C.G. JUNG

Rêve, Alchimie, Homéopathie, Poésie

Le rêve en pratique homéopathique

hahnemann

Samuel Hahnemann

1.HISTORIQUE

De tout temps il a existé une oniromancie. L’interprète des songes a toujours été considéré avec respect et admiration. On connaît l’oniromancie égyptienne, chaldéenne, hindoue et grecque.

La technique d’interprétation partait en général du principe d’analogie

 Le principe même de ces songes guérisseurs est exposé par Diodore qui en attribue tout le mérite à la déesse Isis.

“Selon les Égyptiens, Isis a inventĂ© beaucoup de remèdes utiles Ă  la santĂ©; elle possède une grande expĂ©rience de la science mĂ©dicale, et, devenue immortelle, elle se plaĂ®t Ă  guĂ©rir les maladies… Elle se montre surtout aux malades pendant le sommeil, apporte des soulagements et guĂ©rit d’une façon surnaturelle ceux qui lui obĂ©issent.[1]. ” C’est l’incubation qui se retrouve en Grèce. AsclĂ©pios, qui dès le temps de la guerre du PĂ©loponnèse, s’est fait admettre Ă  Athènes parmi les dieux de la citĂ©, devient dans la suite le « sauveur » par excellence…  Ses sanctuaires sont assiĂ©gĂ©s sans cesse par une foule de pèlerins, surtout les deux plus considĂ©rables; celui d’Epidaure, dont le renom est ancien, et celui de Pergame…

2. RÊVE, SYMPTÔME COMPENSATOIRE

Compensation

On peut considérer l’organisme humain comme un système soumis à des agressions internes et externes qui ont pour conséquence le « stress ». La réponse à l’événement stressant va entraîner une tentative « d’adaptation » à la situation nouvelle pour revenir à un état «d’homéostasie»[2]. Ces réactions de stress vont s’exprimer par de l’anxiété et des troubles somatiques divers. Il y aura anxiété, compensation et éventuellement décompensation.

Pulsion compensatoire

Une pulsion serait une poussée inhérente à l’organisme vivant vers le rétablissement d’un état antérieur que cet être vivant a dû abandonner sous l’influence perturbatrice de forces extérieures.[3]

Les symptĂ´mes et maladie compensatoires

Les symptômes et la maladie peuvent être considérés comme un tentative d’autorégulation, une tentative de guérison  de la structure vitale un moment mise en danger par des forces perturbatrices. Cette force de cohésion interne, la vix naturae medicatrix hippocratique tente de rééquilibrer l’homéostasie au moyen de symptômes dont le rôle est double :

  1. ils préviennent comme des voyants qui s’allument dans un véhicule,
  2. ils guérissent par leur dynamisme interne pulsionnel dont le but est de rééquilibrer la structure perturbée

Si la maladie « compensatoire » dépasse son but et perd son contrôle, elle devient un danger pour l’organisme. Si la force de cohésion de la Natura est affaiblie, la maladie est incurable par la seule force de l’individu : il faut utiliser des remèdes palliatifs.

 Rêve compensatoire

Freud affirme d’abord : « Je prĂ©tends que le rĂŞve a une signification et qu’il existe une mĂ©thode scientifique pour l’interprĂ©ter.[4] » « Le rĂŞve… son contenu est l’accomplissement d’un dĂ©sir, son motif un dĂ©sir.[5] ». Freud va dĂ©fendre la conception de la satisfaction des dĂ©sirs par le rĂŞve. Pour Freud, le rĂŞve est la satisfaction hallucinatoire d’un dĂ©sir refoulĂ© ou tout au moins une tentative de rĂ©alisation qui Ă©choue dans le rĂŞve d’angoisse. Le rĂŞve prĂ©sente un contenu manifeste et un contenu latent. Son Ă©tude est toujours individualisĂ©e. Pour accĂ©der au sens du rĂŞve, Ă  son contenu latent, la participation du rĂŞveur est nĂ©cessaire, par le jeu des associations d’idĂ©es.

Jung a une attitude extrêmement riche vis à vis du rêve. Il constate que le sens de la plupart des rêves ne coïncide pas avec les tendances de la conscience. Seule la compensation explique pour lui la coïncidence ou non du conscient et de l’inconscient. La compensation est l’affrontement et la comparaison de différentes données ou de différents points de vue, et il en résulté un équilibre ou un redressement. Si l’attitude consciente à l’égard d’une situation donnée de la vie est fortement unilatérale, le rêve adopte un parti opposé. Si la conscience se tient aux environs du « juste milieu », le rêve se contente d’exprimer des variantes. Si l’attitude de la conscience est « correcte » (adéquate), le rêve coïncide avec cette attitude et en souligne les tendances, sans en perdre pour autant l’autonomie qui lui est propre.

 On peut donc considérer que le « symptôme rêve » est une tentative inconsciente de rééquilibrage de l’économie malade vers l’homéostasie.

Remède homéopathique compensatoire

 Si le remède est bien choisi d’après la « totalité des symptômes », il va permettre, par la similitude de la tentative de rééquilibrage de l’organisme, par une mimésis active[6], d’accéder à un niveau énergétique supérieur capable de ramener cet organisme à l’homéostasie.

3. RÊVES et PRATIQUE HOMÉOPATHIQUE

Hahnemann précise dans son ouvrage théorique fondamental le caractère spécifique du symptôme homéopathique :

Organon § 153 : … il faut surtout et presque exclusivement dans la recherche du remède homoeopathique spĂ©cifique, s’attacher aux symptĂ´mes objectifs et subjectifs caractĂ©ristiques les plus frappants, les plus originaux, les plus inusitĂ©s et les plus personnels.[7]

Hahnemann insiste sur l’importance des symptômes psychiques et donc des rêves.

Organon § 213 : On ne guĂ©rira donc jamais d’une façon conforme Ă  la nature, c’est-Ă -dire d’une manière homĹ“opathique, tant qu’Ă  chaque cas individuel de maladie, mĂŞme aiguĂ«, on n’aura pas simultanĂ©ment Ă©gard aux changements survenus dans l’Ă©tat psychique et l’Ă©tat mental du sujet.

 Le rêve est utilisé en homéopathie comme symptôme psychique issu du sommeil. Le rêve est un symptôme mental par excellence, issu directement de l’inconscient. C’est une expression pure et authentique de l’inconscient. Il est clair que presque toutes les pathogénésies[8] (dès Hahnemann) contiennent de nombreux rêves. L’emploi du rêve en homéopathie est précieux.

En pratique :

Le rêve est une production directe de l’inconscient que le patient ne peut simuler : c’est un symptôme profond hautement significatif. Son emploi est extrêmement fiable, surtout en pathologie aigüe.

Matière médicale homéopathique et pathogénésies des remèdes :

Le rêve raconté par le malade peut exceptionnellement se trouver tel quel dans une description de remède homéopathique (recueillie lors d’une pathogénésie) :

 Exemple :

Une enfant de 11 ans; otite droite. Elle vient de faire un cauchemar : elle Ă©tait Ă  cheval; le cheval s’est transformĂ© en chien, puis le chien en peluche qui est allĂ© manger le cheval et le chien; ensuite elle saute d’un arbre et devient un oiseau.

Zincum metallicum 15 CH, une dose règle le problème en une heure de temps.

Ici le rĂŞve existe dans la matière mĂ©dicale du remède zincum. C’est-Ă -dire qu’un expĂ©rimentateur a eu effectivement le rĂŞve suivant : un cheval s’est transformĂ© en chien.

Autre exemple :

une jeune femme de 34 ans vient en consultation; la semaine dernière elle a eu de la  fièvre (39°6), un gros rhume et la veille au soir, une douleur dans l’oreille gauche puis l’autre oreille a fait mal aussi. Dans la  nuit ce fut très aigu ; le nez a cessĂ© de couler. Elle dit qu’elle a du mal Ă  serrer fort les dents, qu’elle a rĂ©cemment dĂ©mĂ©nagĂ© et qu’elle est un peu dĂ©passĂ©e par les Ă©vĂ©nements. Sur le matin elle a rĂŞvĂ© qu’elle Ă©tait dans un festival et faisait des bonds comme en apesanteur.

A l’examen, le tympan gauche est inflammatoire et le droit est impressionnant, hémorragique (avec de grosses phlyctènes rouge foncé)

Elle dit qu’elle ressent beaucoup de jalousie depuis quelque temps.

 Apis mellifica 15 CH, une dose

Ici encore le rêve existe dans la matière médicale de apis mellifica : rêve de voler, de sauter.

RĂŞves, illusions, peurs, pulsions

Il est courant de considérer que la peur ou l’illusion d’un phénomène sont des équivalents du rêve de ces phénomènes. Ils font partie des sensations que ressent l’organisme stressé dans sa tentative d’adaptation. Ce sont des « illusions » (bien réelles) d’un organisme qui ressent, s’inquiète, rêve, envahi par des pulsions dans sa quête d’homéostasie.

Dans la plupart des cas le rêve, n’existant pas dans les pathogénésies décrites est choisi dans un équivalent de type « peur », « illusion » ou « pulsion comportementale ». Il est alors utilisé comme symptôme qui accompagne la maladie, symptôme concomitant dans la maladie en présence.

 Exemple :

Une fillette de 10 ans tousse depuis quelques jours. Elle présente une toux sèche et pénible. Elle a eu un peu de fièvre. Elle est assez douce et un peu réservée. Elle a rêvé la veille de la maladie que son institutrice la grondait car elle s’était lavé les cheveux !

elle a l’impression d’avoir été malade après avoir eu la tête mouillée

elle a l’illusion que sa maman (son institutrice qui est une figure maternelle) la gronde !

elle présente une toux sèche

Pulsatilla : une dose en 15 CH

ici le rêve indique une peur, une illusion d’être grondée, rejetée par une mère qui la repousse, l’abandonne, plus une causalité (la maladie est survenue après avoir la tête mouillée).

Exemple :

un petit garçon de 5 ans tousse depuis la veille. Dans la nuit;  il a eu de la fièvre et s’est levĂ© Ă  moitiĂ© endormi pour aller aux toilettes. LĂ , il a eu l’impression d’ĂŞtre assailli par des abeilles.

Pulsatilla 15 CH car pulsatilla rêve d’abeilles.

Ici l’illusion est l’équivalent d’un rêve.

Autre exemple :

Une jeune femme vient avec une gingivite extrĂŞmement douloureuse d’apparition rĂ©cente; la gencive est violette, gonflĂ©e. Mercurius reste sans effet. InterrogĂ©e sur sa nuit, elle raconte le rĂŞve suivant : « des harkis Ă©taient entrĂ©s dans son jardin; ils passaient au dessus du grillage le cadavre d’un des leurs, un vieillard dont les jambes avaient Ă©tĂ© brĂ»lĂ©es et qui portait un turban; elle voulut appeler la police … ». Elle se rĂ©veille angoissĂ©e (Ă  une heure du matin).

 Elle fait un rêve de mort (problématique du cadavre)

Il est une heure du matin

Elle est angoissée la nuit

Arsenicum album agit très rapidement.

Ici les thèmes généraux du rêve concomitant de la maladie aiguë sont analysés et découpés afin d’être utilisés comme éléments symptomatiques.

Associations : contenu latent et contenu manifeste

L’homéopathie fait partie classiquement du domaine de la phénoménologie. On connaît le chapitre 1 de l’Organon :

 Sa vocation (du mĂ©decin) n’est pas de forger de prĂ©tendus systèmes, en combinant des idĂ©es creuses et des hypothèses sur l’essence intime du processus de la vie et de l’origine des maladies dans l’intĂ©rieur invisible de l’organisme… Sa vocation ne consiste pas non plus Ă  chercher par d’innombrables tentatives d’expliquer les phĂ©nomènes morbides et la cause prochaine des maladies, etc., qui leur est toujours restĂ©e cachĂ©e. Son but ne vise pas davantage Ă  se prodiguer en paroles inintelligibles et en un fatras d’expressions vagues et pompeuses …

Il est bien évident que l’homéopathie est basée sur l’observation des phénomènes. Mais comment ignorer l’avènement de sciences aussi fondamentales que les sciences de la psyché, sachant que l’intersubjectivité est grande entre le médecin et son malade, et sachant aussi à quel point l’outil homéopathique est un outil sémantique[9]. On peut souvent découvrir dans le discours du rêve un contenu latent.

Le malade parle de son rêve. Bien entendu cette source de renseignements doit être utilisée avec la plus grande prudence, et si possible après une approche personnelle et précautionneuse du thérapeute. Il ne faut pas oublier que le médecin homéopathe est avant tout médecin est qu’il n’a la plupart du temps ni la compétence ni la démarche d’un thérapeute, de même que le thérapeute, même s’il  s’intéresse à l’homéopathie n’a pas une démarche médicale.

 Exemples simples :

 Exemple :

Une jeune femme vient pour un zona de la cuisse gauche ; « Je suis stressée en ce moment car mon fils passe le bac. ». Elle est infirmière : «  Les vieux m’énervent, ils ne vont pas assez vite. ». « J’ai toujours mes petites bouffées de chaleur. » Le zona : « çà brûle comme une bande large, c’est lourd et c’est sensible au frottement. » A ce stade de l’interrogatoire, on peut penser que la maladie est venue à la suite du souci, qu’elle se fait pour son fils qui n’est certes pas un foudre de guerre au lycée. Et le sommeil ? : « Correct. »

Et les rêves. « Alors là, je viens de faire un rêve, je n’ose pas vous le raconter. J’étais dans une forêt et le me promenais, je fumais un énorme pétard qui était un sexe !. » Nous sourions à l’évocation de cette scène et elle dit que depuis de nombreux mois elle est abstinente, ceci expliquant cela !

Il est évident que le thème de la sexualité, en particulier de la frustration sexuelle est au cœur de l’émergence de la maladie cutanée, puisque ce rêve (assez inhabituel chez la patiente) est un concomitant du zona.

 rêve érotique

zona

douleur brûlante externe

aggravation en frictionnant

L’association d’une éruption vésiculeuse brûlante à un éréthisme sexuel est une indication de cantharis qui est donné en 9 CH, 3 fois par jour pendant 3 jours et qui arrête net les douleurs et l’éruption.

Ici le rêve est certes présent dans la rubrique générale des rêves érotiques, mais surtout il souligne le thème fondamental de la sexualité dans la problématique de la rêveuse à cette période précise de sa vie.

Autre exemple :

Femme de 45 ans, atteinte de polyarthrite ; elle prĂ©sente une passe difficile après une opĂ©ration orthopĂ©dique de ses poignets. Elle souffre beaucoup de son genou gauche, très gonflĂ©, avec un kyste poplitĂ© Ă©norme. Lors d’une consultation, elle me raconte un rĂŞve de la nuit prĂ©cĂ©dente : « j’Ă©tais dans un dortoir et j’ai voulu en sortir; il y avait un lit Ă  Ă©tage; le lit supĂ©rieur Ă©tait très bas, ma tĂŞte Ă©tait coincĂ©e, alors je suis passĂ©e par la fenĂŞtre et j’ai atterre dans un champ avec des vaches ».  Après le rĂ©cit de ce rĂŞve, elle a rapidement Ă©voquĂ© sa naissance avec les forceps.

La prise de natrum sulfuricum a soulagé de façon spectaculaire cette crise, chez cette malade. Natrum sulfuricum souffre de problèmes articulaires et est très sensible aux traumatismes du crâne.

Autre exemple :

Une jeune femme consulte. Elle a mal à la gorge, «comme si ça serrait »; sensation de gorge enflée; brûlure de la gorge en toussant.

«J’ai rêvé cette nuit que je sauvais un bébé de la noyade; je le prenais dans mes bras en le sortant de l’eau, alors que personne autour n’y faisait attention».

Devant le caractère assez « nerveux » de cette toux, je donne ignatia 30 CH

Elle revient 2 jours après pour une toux sèche qui s’est aggravée; cette toux survient jour et nuit, elle est aggravée à l’expiration, en position allongée. « J’ai perdu l’odorat. La nuit je ne trouve pas ma place pour dormir. » Crachats jaunes. Elle a plutôt soif; fièvre à 38°.

« En ce moment, je suis facilement attendrie; j’ai envie d’arriver au stade adulte, d’arrêter le stade bébé !  » « J’ai l’impression de sentir partout la fumée de tabac. »

 Illusion de sentir une odeur de tabac

Toux sèche améliorée en position allongée

Agitation la nuit

Pulsatilla 200 K

Le  rêve exprime assez clairement la problématique de Pulsatilla et son angoisse devant l’impermanence de l’amour maternel, la peur de l’abandon. Seule la totalité des symptômes et le symptôme rare et particulier[10] d’illusion de « rêve » d’odeur de tabac pouvait donner un accès fiable à pulsatilla.

Rêve d’ombre

Il est courant qu’un rêveur rêve de son ombre sous la forme d’un personnage peu appréciable. Un être doux peu montrer un rêve clairement lycopodium, montrant ainsi une problématique passagère de conflit avec une ombre familiale que le remède pourra momentanément soulager.

Grand rĂŞve

Le grand rêve est riche d’un contenu psychique d’une très grande importance, il dépasse l’expérience personnelle humaine et rejoint la profondeur des forces de l’inconscient[11]. Il peut parfois évoquer un symptôme archétypal propre à un remède. Par exemple, l’image bouleversante en rêve d’une sorte de paradis terrestre peuplé d’animaux d’une grande douceur avec lesquelles le sujet ressentait une communication et une sympathie intenses était-il évocateur d’un événement fondamental qui allait transformer profondément le rêveur. Ce rêve n’appartenait pas à priori au domaine de la thérapeutique médicale homéopathique classique.

RĂŞve incubatoire

 RĂŞve incubatoire, c’est Ă  dire que le rĂŞve propose sous forme directe, symbolique ou cryptĂ©e le remède nĂ©cessaire, un peu comme au temps de Diodore de Sicile.

Exemple :

Enfant de 9 ans qui a le nez bouché de façon chronique. Il fait des cauchemars nombreux, il a très peur des chiens . Les remèdes indiqués par ces symptômes sont décevants. Or il a un rêve récurrent : un loup vient lui croquer les jambes.  Ce rêve donne de façon cryptée comme un rébus, à la manière ptolémaïque[12] : pied (jambe) + loup = lycopodium

Ce remède était confirmé par une grosse amygdale droite et un caractère affirmé.

En conclusion, le rêve présente un intérêt énorme en homéopathie :

 Il approfondit sans conteste l’écoute lors de la consultation, lui donnant un caractère parfois inattendu et toujours très révélateur du malade. Il élargit l’espace thérapeutique. Le rêveur peut difficilement inventer de toutes pièces son rêve, au contraire de ses sensations et impressions diverses dont il peut allonger la liste à force de s’auto-observer. Il est souvent un outil de grande précision dans la recherche du similimum : c’est un concomitant sans égal. L’homéopathie est sans doute une des seules thérapeutiques modernes où il existe un lien signifiant entre une substance médicamenteuse et le contenu des rêves.

Articles de Bernard Long


 Article tiré de :

LONG B. – RĂŞve et homĂ©opathie – Revue belge d’homĂ©opathie, vol. XXVI/1993, nos 3-4, pp.99-126.

[1]SAUNERON, Les songes et leur interprĂ©tation dans l’Égypte ancienne – Sources orientales, Ed. du Seuil, Paris, 1959. pp.46-47.

[2]CANNON, 1926.

[3]FREUD – Au delĂ  du principe de plaisir, in Essais de psychanalyse – Petite bibliothèque Payot, Paris, 1988. p. 80.

[4]FREUD, L’interprĂ©tation des rĂŞves – PUF, Paris, 1987. Introduction.

[5]FREUD, ibid., p.110

[6] BASTIDE, LAGACHE – Le paradigme du sens – Atelier Alpha Bleue, Paris, 1992.

[7] HAHNEMANN (S.) – Doctrine homĹ“opathique ou Organon de l’art de guĂ©rir – Ed. Baillière et Similia, Paris, 1982.

[8] Pathogénésie : c’est l’expérience faite sur des sujets sains avec des substances pour révéler l’action qu’elles peuvent avoir sur l’organisme. Les anglo-saxons nomment la pathogénésie proving. Au delà de la pathogénésie faite sur des sujets bien portants, elle s’est étoffée et est constituée la plupart du temps par le recueil de trois types de symptômes :

  • des symptĂ´mes d’intoxication dĂ©clenchĂ©s par l’ingestion de substances en grandes quantitĂ©s : empoisonnements, effets secondaires de mĂ©dicaments
  • des symptĂ´mes dĂ©clenchĂ©s par des substances diluĂ©es et dynamisĂ©es
  • des symptĂ´mes non dĂ©crits jusqu’alors, guĂ©ris de façon quasi certaine par un mĂ©dicament homĂ©opathique, qui sont dès lors considĂ©rĂ©s comme appartenant au champ thĂ©rapeutique du mĂ©dicament.
[9] cf. les travaux de BASTIDE et LAGACHE.

[10]Hahnemann – Organon. § 153.

[11] Aeppli E. Les rêves er leur interprétation. Paris, Payot, 1991.

[11] Il s’agit tout simplement du rébus cher à toute la tradition hermétique. La psychanalyse n’a fait que réactualiser ce procédé vieux comme le monde. Ensuite les Surréalistes ont beaucoup joué avec les mots de cette façon.