C.G. JUNG

Rêve, Alchimie, Homéopathie, Poésie

Calcarea carbonica

Coquille philosophique

A – Figure 1 du Rosarium Philosophorum

fontaine mercurielleLa première figure du Rosarium représente la fontaine mercurielle[1]. Nous avons déjà vu cette figure dans l’étude de mercurius. Dans son commentaire, Jung précise que le bassin situé dans la partie inférieure est le « vase hermétique ». Ce vase peut évoquer une figure utérine[2].

B – Athanor

La préparation de la pierre alchimique se faisait dans un petit ballon, matras, athanor, ou œuf philosophique. On utilisait aussi d’autres récipients comme l’alambique et ses parties comme le berchile,  la cucurbite. Le matras était la plupart du temps un ballon de verre résistant, parfois en terre cuite, rarement en métal. Ce vase avait un col long qui était scellé à l’extrémité[3]. AthanorPhilalèthe insiste beaucoup sur la nécessité de fermer hermétiquement le ballon afin de ne pas gâcher l’opération[4]. L’assimilation de l’athanor à un œuf est une évidence. Le travail philosophale implique une véritable gestation issue de la rencontre d’un élément féminin mercuriel  et d’un élément masculin, le soufre.

On est en présence de deux semences, comme  l’ovule et le spermatozoïde. Le monde minéral alchimique est sexué comme le monde animal et le monde végétal. C’est au sein de la terre, d’un filon matriciel, que sourd le fruit d’une longue transformation, celui d’un matériau vil transmué en substance noble et parfaite. La tâche de l’alchimiste consiste à mimer ce travail, de le résumer lors d’une subtile gestation au sein du matras par une coction adaptée, des opérations successives, le tout avec le soutien d’une attention délicate et quasi méditative. Car le but n’est pas seulement d’arriver à parfaire la matière, mais aussi, par une action réciproque entre l’esprit et la matière, d’agir sur l’opérateur qui, par un effet de miroir, reçoit l’infusion numineuse d’un monde qui s’épure.

On peut considérer que la figure de l’athanor correspond dans une certaine mesure au remède homéopathique calcarea carbonica, issu de la coquille d’huitre.

C – La coquille d’huitre

Une coquille est une enveloppe protectrice dure et calcaire de la plupart des mollusques et des brachiopodes ou matière calcaire qui recouvre l’ œuf. C’est une formation qui sĂ©pare l’intĂ©rieur de cette enveloppe du milieu extĂ©rieur.

Parmi tous les animaux susceptibles d’avoir une coquille, il en est un particulièrement important en homéopathie. Il s’agit de l’huître. L’huître[5] est un mollusque dont les  prédateurs sont les poissons, ainsi que les étoiles de mer et d’autres mollusques. Son enveloppe est presque exclusivement composée de calcaire. La coquille est constituée de carbonate de calcium et de conchyoline. Le carbonate de calcium est un des corps les plus répandus dans la nature où on le trouve sous les formes les plus variées, aussi bien dans le règne minéral que dans le régime végétal ou dans le règne animal. Plus ou moins pur, il constitue les marbres, la craie, la pierre à chaux, le test des mollusques et des crustacés et le squelette des animaux etc… [6].

La coquille d’huître est formée de deux valves avec une charnière et un ligament élastique. Le ligament permet une fermeture de la coquille, qui se protège ainsi des prédateurs et garde l’eau lorsqu’elle sort de a mer. La coquille bivalve est souvent associée à l’idée d’organe féminin, la vulve[7], parfois l’utérus[8], la matrice maternelle. On peut assimiler la coquille d’huître à la matrice et à son orifice vulvaire. On connaît d’ailleurs les nombreuses allusions parfois osées à l’organe féminin à propos des coquillages et à leurs propriétés aphrodisiaques et génératives. Le fait de passer les “portes”, les “valves” de la vulve représente un passage, un état intermédiaire entre le monde maternel et la sortie à la lumière. L’huître sauvage est se fixe sur un support et passe le reste de sa vie, après avoir passé deux ou trois semaines au gré du courant. Elle est un havre,  un refuge stable et rassurant. Elle se nourrit essentiellement de plancton. Les huîtres sont au-delà de l’identité sexuelle, elles sont un tout, un monde génésique. Transsexuelles, elles peuvent changer de sexe après chaque saison ou après chaque émission de semence. Elles sont comme l’embryon encore mal différencié.

C’est la coquille d’huître que Hahnemann a choisie pour préparer son calcarea carbonica ou calcarea ostreica ou calcarea carbonica ostrearum.

D –CALCAREA OSTREICA (ou CARBONICA)  homéopathique

1- Description

Hahnemann[9] fut le premier à expérimenter Calcarea acetica, et ses expérimentations furent publiées dans sa Matière médicale ; mais après avoir commencé à triturer les substances insolubles avec du sucre de lait, il préféra utiliser pour préparer calcarea les morceaux les plus blancs de l’intérieur d’une grosse coquille d’huître brisée, calcarea ostreica. C’était auparavant un médicament de choix pour les enfants malades, quand les chimistes le considéraient comme un pur carbonate de chaux[10].

2 – CALCAREA – son sens 

Mandala[11] de calcarea carbonica basé sur la synchronicité entre le psychisme et le physique[12].

mandala calcarea

Au centre : Calcarea est bien dans sa coquille…

oeufL’état symbiotique de la mère et de l’enfant[13] peut être représenté par la coquille qui protège le stade non différencié du tout petit. C’est un état fragile, comme l’embryon dans la coquille d’œuf ou l’huître dans son habitat. C’est l’état de grâce (dans la plupart des cas) auquel les mammifères aspirent et dont ils restent nostalgiques. C’est par la perte que nous débutons dans la vie. Nous sommes arrachés au ventre de notre mère. On peut penser que la plupart de nos expériences de perte se rapportent à la perte d’un paradis perdu, celle de l’ultime relation mère-enfant. Nous cherchons à combler cette séparation subie au travers d’amis, de sexe, d’art, de toxiques, de spiritualité[14]. Chaque fois que l’image de l’œuf apparaît dans les mythes, elle est associée à l’idée de concentration, de méditation, de couvaison à l’aide de la chaleur de l’esprit et à celle de la naissance de l’intelligence[15]. A propos de l’athanor, récipient matriciel où se préparait l’œuvre alchimique, on trouve la notion de couvaison, de nidation. Comme dans tout archétype, l’archétype maternel revêt une quantité d’aspects : la mère, la grand-mère, la belle-mère, une femme déifiée, une déesse, la Mère de Dieu, la Vierge etc. Dans une plus large acception, l’archétype maternel peut se projeter sur l’Eglise, l’université, la ville, le pays, le ciel, le terre, la forêt, l’eau, la mer. On peut aussi trouver dans cette imaginaire  la grotte, la source, le puits, les fonts baptismaux et, au sens le plus restreint, l’utérus, toute forme creuse, le four, la marmite, l’athanor et bien d’autres projections encore[16]. La coquille est bien possiblement une représentation de l’archétype maternel.

Calcarea est protégé…

Dehors le monde est froid et inhospitalier. Calcarea est frileux, sensible à l’air froid, sensible à l’arrivée du froid… Il semble difficile pour lui de se maintenir chaud, ses pieds sont froids, il a l’impression de porter des bas mouillés, comme l’huître fichée sur son support en pleine mer. On pense à cet animal marin, craintif, bien protégé dans sa coquille. Il a le pressentiment anxieux du dehors et de l’avenir. Calcarea est terriblement impressionnable, bouleversé par la vue ou le récit d’une histoire inquiétante. Pour lui, le fait d’être protégé, dans la maison est un facteur équilibrant. Le voici dans sa coquille, dans sa bonbonnière, dans son berceau. Ce n’est certainement pas un aventurier par nature. Il y a désir de rester dans le giron maternel ou d’y retourner. Il veut rentrer à la maison. Le jeune calcarea est attaché à sa mère comme le coquillage à son rocher. Le sujet calcarea peut aussi rechercher des organisations sociales rassurantes. Les structures « enveloppantes » comme l’école, la maison, l’armée, l’église, l’administration, l’entreprise peuvent représenter un substitut de mère. L’école est évidemment une de ces structures qui font office de mère. On pense à ces institutrices d’école maternelle adorées par les enfants. Bien sûr, par la suite, l’école va perdre ce caractère maternel, mais pour certains individus elle pourra garder longtemps encore cette apparence, au point qu’il leur sera difficile de la quitter et qu’ils pourront rester des étudiants éternels, ou même… entrer dans le corps enseignant.

RempartsLeur manière de se protéger est la défense, ils s’isolent et construisent un rempart autour d’eux. Ils se retirent dans leur coquille, comme une huître se protège.. Il s’agit alors d’un sujet retranché derrière un mur protecteur. Il devient fermé comme une huître ; il se coupe du monde de manière physique et psychique. De manière physique : son nez et ses oreilles se bouchent, la constipation apparaît. Il devient misanthrope et ne veut plus voir personne. Le sujet glisse progressivement dans un enfermement de plus en plus profond et une aversion pour toute activité sociale : c’est la dépression. L’angoisse a raison de lui et il s’enfonce dans une dépression qui va réellement l’empêcher de vivre.

Tous ces symboles peuvent avoir un sens positif, favorable ou, par contre, négatif et néfaste. Calcarea-coquille a bien un aspect double dans ses projections : celui de la sécurité (charmille, maison, le bel enfant calme et potelé) et celui du la menace des animaux qui dévorent (en particulier dans la peur et les rêves de chiens). Jung caractérise cette opposition sous le nom de mère aimante et mère terrible[17]. Au complexe positif maternel s’oppose le complexe maternel négatif : il s’agit alors d’une défense contre la puissance écrasante de la mère[18].

Le petit calcarea se développe…

L’angoisse de calcarea peut s’exprimer dans la peur de rester mal formé, faible et rachitique. L’enfant calcarea est un enfant qui peut avoir deux aspects. Dans la majorité des cas il s’agit d’un enfant joufflu, potelé, fessu, qui prend du poids régulièrement, mais il existe un autre type qui est le type rachitique. Il est évident que la sphère d’activité de calcarea est liée au métabolisme calcique, mais il serait très réducteur de l’envisager seulement sous cet aspect. Le sens du remède n’est pas strictement lié à un processus chimique, mais plutôt à l’architecture intime archétypale (la forme coquille) qui le sous-tend. Dans ce cas l’archétype dépasse singulièrement l’idée de métabolisme calcique et de formation osseuse (tout en l’incluant). L’angoisse ressentie par calcarea à propos de son développement est certainement ambivalente : il a bien entendu un désir de rester petit enfant, mais il peut aussi éprouver l’inquiétude de demeurer le nourrisson sans défense qui pourrait être englouti. Tout remède homéopathique est ambivalent.

La symbiose avec la « mère » (au sens large du terme) est telle que les échanges se font presque exclusivement entre la mère et l’enfant. Les échanges avec l’extérieur sont difficiles, il a tendance à « retenir ». Le sujet calcarea n’est pas un sujet extraverti. Il se garde et il garde. Il est souvent constipé, ce dont il ne souffre pas en général, au contraire.

On a vu que la coquille est un véritable symbole de la conception, un four alchimique, une matrice. Effectivement, calcarea est un remède qui peut induire la conception, c’est aussi un remède de fertilité

ParvartiCalcarea peut également être utile lors de l’allaitement (lait trop abondant ou qui se tarit). Il est évident que l’allaitement constitue un élément d’une importance capitale pour l’enfant dans sa relation à la mère. Il est un « prolongement » du cordon ombilical après l’accouchement. Le lait est une substance qui évoque très fortement le lien maternel. Les laits révèlent la nature archaïque de l’homme, tout particulièrement le lien primitif avec la mère, avec l’élément nourricier, avec la symbiose. Le sein (ou à défaut la tétine) est fondamental pendant les premiers mois de la vie.

C’est un gentil bébé sans histoire. Il a la tête assez grosse et transpire abondamment du cuir chevelu. L’enfant calcarea a une souvent grosse tête qui transpire, parfois couverte de croûtes de lait : la tête de calcarea se couvre de croûtes blanches comme une terre calcaire craquelée. C’est une terre calcaire qui suinte d’une transpiration abondante. La transpiration est volontiers localisée à la tête et aux pieds. Il présente également des sueurs partielles à différents endroits du corps.

Un des problèmes les plus importants de calcarea est celui des dents et de la dentition. On sait la tendance du remède à rester dans sa “coquille” et à regarder avec méfiance les “valves” par lesquelles il entrevoit le monde. Cet orifice vulvaire ouvert sur l’extérieur va surgir dans son vécu sous forme orale : dans un premier temps c’est la bouche qui permet le lien avec la mère, puis vient la préhension des aliments solides qui n’est possible qu’après l’apparition des premières dents.

L’huître calcarea craint la dévoration

L’aggravation du sujet calcarea lors de la dentition difficile souligne la difficulté qu’il y a à voir apparaître les dents. Les dents ne représentent-elles pas, d’une certaine façon, la dévoration ? Dévoration du monde du monde environnant, dévoration de la mère bien-aimée que l’on voudrait pour soi entièrement. Mais aussi dévoration possible et redoutable par la mère toute-puissante et irrésistiblement attirante, et dévoration castratrice par la fonction paternelle.

La dévoration chez calcarea se projette particulièrement dans l’image du chien. Le “chien de garde” n’est-il pas celui qui interdit l’accès à la maison, objet de tant de nostalgie, image du logis synonyme de réconfort et de repos ? Car ce retour à la maison est justement le mouvement désiré mais aussi tant redouté. Le chien représente l’interdit à cet accès nostalgique, il est le témoin menaçant de ce retour souhaité mais non souhaitable.

dragon devorantBien entendu les pensées et délires d’animaux comme les chats, les rats, dragons… peuvent évoquer la même problématique de celle du chien. Il s’agit, nous l’avons vu, d’une problématique dont les significations peuvent être multiples ; chez calcarea, ces animaux menaçants et prêts à mordre semblent plus souvent signifier la mère dévoreuse. On connaît de nombreux contes dans lesquels un animal fabuleux et menaçant garde prisonnière  une princesse ; un jeune héros doit combattre la bête pour délivrer la belle et s’unir avec elle pour le plus grand bonheur d’un couple royal. En fait, il s’agit de livrer bataille à une figure abominable faisant obstacle à cette union, une figure dévoreuse, l’image d’une mère négative (ou d’un père puissant) dont il faut faire le sacrifice pour accéder au bonheur et à la fécondité.

Pour échapper à la menace de la dévoration, calcarea va sortir de sa coquille et devenir sociable, actif, construire. Certes, ce ne sera pas un boute-en-train extraordinaire, mais il aura le désir d’agir de façon laborieuse et efficace. Il va avoir tendance à garder, à accumuler. Calcarea Carbonica est amélioré par la constipation, gai pendant la constipation. Ces symptômes sont à rapprocher de la peur de la pauvreté, de la peur de la ruine, de l’avarice, de sa manie de jouer avec ses doigts comme s’il comptait de l’argent, de son refus de faire son testament, de ses rêves de richesse.

Calcarea est faible mais résiste

Le quatrième volet de Calcarea Carbonica, qui fait face à celui du développement, est celui de la faiblesse et de son contraire, la force, la résistance. C’est un aspect fondamental du remède, intrinsèquement présent, archétypal par la juxtaposition de cette sensation de faiblesse, de vulnérabilité et l’existence de l’animal- huître, ce mollusque qui se protège dans sa coquille.

De même que l’enfant Calcarea reste attaché au cordon ombilical, de même il est lent à l’apprentissage de la marche. Il n’a pas hâte de prendre son autonomie. Il aime rester à la maison. Naturellement le sujet Calcarea est sujet au relâchement des tissus. Il aura la hantise d’être faible. Le sujet Calcarea a des caractéristiques générales qui rappellent celles de l’huître, animal pâle, froid, humide, flasque, inactif et qui n’ouvre sa coquille que pour se nourrir et se reproduire. La principale défense de cet animal face aux variations et agressions du milieu ambiant réside dans sa coquille. Calcarea est peureux, calme, ordonné. Calcarea a froid et a peur du froid. Ses pieds sont toujours froids, ou froids et humides […] les pieds commencent à se réchauffer, et ils passent souvent d’un extrême à l’autre et brûlent.

coconCette sensation intime de faiblesse vulnérable aura pour conséquence un désir de résister à cette tendance angoissante. Pour ce faire, Calcarea va rechercher tous les moyens de se conforter par des applications chaudes, des bains chauds, de la nourriture, du magnétisme, et aussi en se construisant physiquement une carapace solide, capable de le protéger. Calcarea va se couvrir beaucoup, augmenter le chauffage, se couvrir la gorge, renforcer son « cocon », au point de se congestionner.

La construction de Calcarea passe évidemment par une oralité importante. C’est un sujet qui mange. C’est le bébé Cadum, que l’on nourrissait aux farines sucrées. Toute sa vie il pourra compenser sur un mode oral.

Le désir d’œufs est très caractéristique de Calcarea. Il y a synchronicité entre le signe homéopathique et la substance désignée : le signe devient alors symbole[19]. L’œuf est une représentation de l’état primordial originaire d’avant la séparation avec la mère et la formation de la dyade. C’est la représentation d’une structure sécurisante, de protection, de nutrition et de chaleur.

Nous avons déjà vu que Calcarea est un remède clef de la dentition. L’apparition de la dentition est en effet un moment capital dans le déroulement de l’autonomie de l’enfant par rapport à sa mère. Il va pouvoir aborder l’environnement par une préhension nouvelle qui va contourner l’alimentation au sein pour se mettre à couper et à broyer des aliments nouveaux et diversifiés. La castration du sevrage aboutit au désir et à la possibilité de parler et ainsi permettre l’accès à une communication nouvelle. L’enfant est séparé du sein maternel et va reporter ses pulsions vis-à-vis de l’objet maternel, que l’on peut qualifier de cannibales, sur ses propres mains et particulièrement sur son pouce[20]. Cette révolution dentaire va permettre, parallèlement à la relation avec les objets nouveaux qui sont proposés à l’enfant et à leur reconnaissance, l’émission de consonnes vocalisées pour laquelle la présence des dents est indispensable. La dent n’est pas seulement un instrument de la dévoration possible par un être intrusif, elle peut aussi représenter un moyen de mordre dans la vie, un moyen de préhension qui va permettre l’accès à l’individuation, et aussi un instrument qui sert à prononcer correctement certaines consonnes et certains sons, ce qui va conduire à une meilleure acquisition du langage, agent déterminant de la symbolisation et de l’évolution chez l’homme. On note, dans cette acquisition d’un début de langage oral, le rôle essentiel de l’imitation, certainement un facteur très déterminant dans l’évolution de l’individu, dans l’apprentissage, et aussi certainement, nous le savons avec le principe de similitude, dans la guérison.

Le sujet Calcarea est le siège de formations qui vont consolider sa carapace, sa structure. Il s’agit de croûtes sur la tête, de formations verruqueuses. C’est un grand remède des polypes du nez, des tumeurs, en particulier des fibromes utérins et des exostoses. Calcarea a tendance aux adénopathies sur tous les gîtes ganglionnaires.

Enfin notre héros bâtisseur va donner des signes d’épuisement. Le sujet Calcarea va s’épuiser facilement  et ne pourra plus monter un escalier tant il aura les jambes fatiguées, et tant il aura de fatigue dans la poitrine.

À la fin, Calcarea ne résiste plus et se laisse aller à sa hantise : la faiblesse. C’est le début d’une énumération de catastrophes et d’accidents malheureux qui vont finalement venir à bout du sujet en décompensation.

Articles de Bernard Long

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[i]. Long B. Signes et symboles – Cahiers du Groupement hahnemannien –1996, n°4 :121-133

[ii]. Dolto F. L’image inconsciente du corps. Paris : Seuil ; 1984. p. 99-106.

[1] Jung CG. Psychologie du transfert. Paris : Albin Michel ; 1996.

[2] Jung CG. Psychologie du transfert. Paris : Albin Michel ; 1996. p. 60.

[3] Poisson A. Théories et symboles des Alchimistes. Paris : Editions traditionnelles.

[4] Philalèthe – Entrée ouverte au palais fermé du Roi. Paris ; Bibliotheca Hermetica ; 1970.

[5] Du grec ostreon, du latin ostrea.

[6] Lathoud J.A. Etudes de matière médicale homéopathique. Levier ; 1980.

[7] Du latin vulva.

[8] Du grec ustera, du latin utérus.

[9] Les première expériences furent faites avec de l’acétate de chaux. In : Traité de Matière médicale. Paris : Similia ; 1989 ; tome 1, p. 96 : « Pour obtenir la chaux pure dissoute dans du vinaigre je fis bouillir des coquilles d huîtres bien nettoyées dans de l’eau de rivière pure pendant une heure ; je les brûlai sans employer pour cela d instruments métalliques et j’en fis dissoudre les morceaux dans du vinaigre distillé que je chauffai peu à peu dans un vase de porcelaine jusqu’à ce qu’il fût complètement saturé, en le portant par degrés au terme de l’ébullition. La liqueur filtrée fut réduite au cinquième par l’évaporation dans un vase de même matière, et je me servis du sel liquide sans addition d’alcool pour faire les expériences suivantes. »

La description complète du remède calcarea carbonica (coquille d’huĂ®tre pure) est donnĂ©e par Hahnemann dans le « TraitĂ© des maladies chroniques » – Kalkerde – 1631 symptĂ´mes.

[10] Hering C. The Guiding Symptoms of our Materia Medica. New Delhi : Jain Publishers; reprint 1984.

[11] Les descriptions de remèdes homéopathiques comportent des signes psychiques, généraux et physiques qui peuvent être agencés sous forme de mandala. Je nomme ce schéma homéographe. (cf. article sur le mandala).

[12] Long B. L’enfant, la mère et l’homéopathie. Montpellier : Indigène Editions ; 2010.

[13]  Voir les travaux de John Bowlby, Margaret Mahler et Louise Kaplan.

[14] Viorst J. Les renoncements nécessaires. Paris : Laffont ; 1988. p. 29-30.

[15]  Von Franz M.L. Les mythes de création. Paris : La Fontaine de Pierre; 1982. p.179.

[16] Jung C. G. Les racines de la conscience – p. 113.

[17] Jung C. G. op.cit. p. 114.

[18] Jung C. G. op.cit. p. 125.