C.G. JUNG

Rêve, Alchimie, Homéopathie, Poésie

D’alumine Ă  alumina : matière, alchimie, symbolique

En partant du matĂ©riau alumine, une description du remède homĂ©opathique alumina. Avec un appui sur Jung et l’alchimie, est proposĂ© le profil symbolique et psychologique du sujet prĂ©sentant des symptĂ´mes pouvant ĂŞtre soignĂ©s par alumina. 

Moule poterie pré-inca, photo Éphême

L’alumine
De l’absence de couleur au fixateur de couleurs
C.G.Jung et la symbolique alchimique
Troubles de l’identité chez le sujet alumina
Sacrifice de la symbiose : le cordon et le couteau
Les limites et les échanges : peau –muqueuses – orifices
Incarnation – souffle de vie
Conclusion

L’alumine

L’argile est la terre que le potier façonne. On n’ignore pas que Dieu, dans les rĂ©cits religieux, Ă  l’instar d’un potier, a souvent façonnĂ© l’homme Ă  partir de l’argile, de la terre. 1   C’est l’image de cette crĂ©ation argileuse qui apparaĂ®t dans le monde d’un remède homĂ©opathique connu sous le nom d’alumina.

Hahnemann appelle l’alumine « l’argile pure ».

Alumina est un remède homéopathique dont la souche est l’alumine : alumina, argila pura, aluminium oxydatum ou aluminii oxidum anhydricum ad praeparationes homoeopathicas.

Hahnemann indique le procédé suivant pour se procurer de l’alumine parfaitement pure (il existe aussi une autre préparation que décrivent Hartlaub et Trinks) :

« On dessèche parfaitement du chlorure de calcium en le faisant rougir dans une capsule de porcelaine ; on le pulvérise tandis qu’il est encore chaud, et on le dissout dans la quantité nécessaire d’alcool. D’un autre côté, on fait dissoudre une demi-once d’alun de Rome dans cinq parties d’eau distillée, et on filtre la liqueur. Puis on verse goutte à goutte l’autre dissolution alcoolique, jusqu’à ce qu’elle cesse de se troubler. Le précipité qui se forme est du sulfate de chaux, et le liquide qui le surnage de l’hydrochlorate d’alumine. On précipite l’alumine de ce dernier par le moyen de la dissolution alcoolique d’ammoniaque, on lave bien le précipité, on le fait rougir pour le dépouiller complètement d’ammoniaque, et on le renferme encore chaud dans un flacon bien bouché .» 2

On voit d’après ce texte à quel point Hahnemann est déjà à l’aise avec la nomenclature chimique et comment il dénomme précisément les produits qu’il utilise, sous forme de sels.

On voit clairement que la préparation homéopathique d’alumina a pour base l’alun.

L’alun est un sel d’aluminium, un sulfate d’aluminium et de potassium, de formule chimique KAl(SO4)2 + 12 H2O. C’est l’alumen homéopathique. Césalpin 3 parle de la préparation de l’alun de Rome :

« On fabrique l’alun avec une pierre qui se rencontre près de Tolfa, sur le territoire de Rome. Cette pierre est blanche et molle, ou rougeâtre et dure ; de là deux espèces d’alun, le blanc et le rougeâtre. Après avoir calciné cette pierre dans des fourneaux, on l’arrose d’eau pendant plusieurs jours, et on la fait bouillir dans de l’eau. Enfin, ayant séparé les immondices, on concentre les eaux-mères dans des chaudières. C’est ainsi que se forment les cristaux d’alun transparents et anguleux (octaédriques) ».

Lémery précise :

« L’alun de Rome nous est apporté en morceaux de grosseur médiocre, de couleur blanche-rougeâtre, luisants et transparents en dedans, d’un goût acide astringent ; cet alun est ordinairement assez net, mais on peut le purifier en le faisant fondre dans de l’eau, filtrant la dissolution, et la faisant évaporer sur le feu. Il est détersif et astringent, on s’en sert en gargarisme pour les maux de gorge et de la bouche, il nettoie et raffermit les dents ; il est bon pour le scorbut, pour les aphtes et chancres vénériens : il arrête le sang, étant appliqué extérieurement ; si l’on en donne intérieurement, il excite l’urine, et il est propre pour les gonorrhées ; il en faut dissoudre une dragme dans deux livres dans deux livres de décoction de racine d’althea, et en faire boire au malade quelques verrées par intervalles ».4

L’alun est également employé en homéopathie. Il s’agit du remède alumen.

De l’absence de couleur (a-luminosité) au  fixateur de couleurs

L’argila pura, « l’argile pure », la terre d’argile purifiée à partir de l’alun (certes différente de l’argile quant à sa composition) est utilisée en céramique industrielle en raison de ses excellentes performances et de son prix de revient très abordable. On utilise dans ce cas une alumine assez pure.

Il s’agit d’une véritable terre (poudre blanche) capable de servir au modelage de la même façon que l’on utilise l’argile pour la poterie.

La poterie fut liée à la naissance, comme l’atteste Khnoum, le dieu-bélier d’Egypte, qui présidait aux naissances, en modelant sur son tour la forme des êtres. Il savait aussi provoquer la renaissance après la mort. A ce titre, on l’appelait à Philae :

« Celui qui modèle sur le tour, modelant le corps divin d’Osiris dans la demeure de l’Or en vie ».5

L’alumine est une substance purifiée capable de donner forme à des objets manufacturés de qualité. Le monde informe du chaos argileux se métamorphose en une figure épurée qui a pris âme dans l’alumine.

La forme a donné vie à l’informe, l’a animé, lui a donné un souffle et des couleurs. L’alumine fixe la couleur ; elle permet à la couleur de donner la vie animée aux objets qu’elle anime.

Pour fixer la couleur on employait l’alun. Buffon, dans ses œuvres complètes, détaille son utilisation dans la teinture des matériaux :

« Ce sel (l’alun) a en effet, des propriĂ©tĂ©s utiles, tant pour la mĂ©decine que pour les arts et surtout pour la teinture et la peinture. La plupart des pastels ne sont que des terres d’alun, teintes de diffĂ©rentes couleurs. Il sert Ă  la teinture en ce qu’il a la propriĂ©tĂ© d’ouvrir les pores et d’entamer la surface des laines et des soies qu’on veut teindre et de fixer les couleurs dans leurs substances. Il sert aussi Ă  la prĂ©paration des cuirs, Ă  lisser le papier… On frotte d’alun calcinĂ© les formes qui servent Ă  imprimer les toiles et papiers pour y faire adhĂ©rer les couleurs… »

On mordançait les textiles avec l’alun qui était la substance qui modifiait le moins la couleur. Le principal usage de l’alun est de fixer les couleurs.

Actuellement, deux modèles chimiques se font face pour expliquer que vraisemblablement l’aluminium de l’alun se fixe sur la fibre..

Les uns estiment que le rôle de l’aluminium est celui d’un simple intermédiaire entre la fibre et le colorant. Les autres, en accord avec l’Encyclopédie, pensent qu’il y a formation d’une couche nettement plus épaisse d’un matériau amorphe, sorte de gel d’hydroxyde d’aluminium (très proche de l’alumine) sur et dans lequel se fixerait le colorant. 6 Ainsi le gel d’hydroxyde d’aluminium fixerait-il les couleurs.

Pour conclure sur l’alumine homĂ©opathique :

Les idées forces d’alumina semblent confirmer ce qu’indique la substance alumine, de par son utilisation et ses caractéristiques.7

Alumina est un remède de coagulation, de fixation. Il fixe au corps inerte l’âme, le nom, la moi, la force vitale, la couleur de la vie.

 

 Pathologie de l’émergence du moi chez alumina

Alumina a vraisemblablement souffert d’une pathologie archaïque très précoce (in utero ou peut-être lors de la castration ombilicale).

Il a été séparé de manière froide et mécanique de la mère et n’a pas pu bénéficier d’un rapport affectif suffisant, de qualité, pour éveiller un élan vital où une conscience du moi aurait pu s’épanouir, en lui donnant des couleurs, la confiance en lui et la certitude d’une identité indispensable pour avancer en bon équilibre dans la vie.

C’est par une imitation confiante et affectueuse, par un jeu de miroir intentionné que l’individu peut s’épanouir. Sans cela il demeure un être qui certes peut agir, mais dans une certaine évanescence de forme, un flou vital qui le laisse hésitant et hors du sillon d’où il pourrait tracer efficacement sa route de façon positive.

Par cette « coagulation », cette fixation, la conscience apparaît selon les causes et conditions du monde humain, lors de l’élaboration de l’identité personnelle.

L’étape de la distillation alchimique est parfois décomposée en deux temps : l’ascension des vapeurs ou sublimation, symbolisée souvent par un oiseau qui s’élève et la condensation des vapeurs, symbolisée par un oiseau qui descend .8

C.G.Jung et la symbolique alchimique

Nous connaissons plusieurs images du Rosarium Philosophorum qui peuvent illustrer la phase « distillatoire » de l’identification du moi : tout d’abord la figure 7, du Rosarium Philosophorum, où l’on voit une sorte de petite âme monter vers la nuée, sous forme d’un enfant nu. Le texte correspondant est le suivant :

Ici se partagent les quatre éléments :
L’âme alors se sépare du corps promptement . 9

Jung commente en disant que l’homologue psychologique de cette vignette est un sombre état de désorientation qui fait suite à la figure de la mort, de la destruction. La désagrégation des éléments signifie la dissociation et la dissolution de la conscience du moi. 10 L’ « extraction de l’âme » reflète la réaction de deuil dans la dépression.

Cette étape est décrite comme la perte de la « femme intérieure » ou anima.

La dissolution des éléments et la perte de l’âme marquent un passage dangereux pour un moi faiblement organisé .11

La dissolution en un esprit, la volatilisation ou sublimation correspondent chimiquement à la vaporisation, ou du moins à l’expulsion d’éléments susceptibles de prendre la forme gazeuse, tels que le mercure, le soufre, etc. Mais sur le plan psychologique ces opérations équivalent à la réalisation de la conscience, à l’intégration d’un contenu psychique jusque-là inconscient.

Les contenus inconscients sont, eux aussi, cachés quelque part dans le corps, un peu comme les démons de la maladie, sur lesquels la conscience n’a aucune prise, en particulier lorsqu’ils provoquent des symptômes corporels dont les causes organiques ne peuvent être mises en lumière .12

Mais à la figure 9 du Rosarium l’homoncule redescend du ciel pour régénérer l’hermaphrodite dans son sarcophage. A la suite des opérations d’ablution, de calcination, d’incinération, le corps inerte prend une forme pénétrée d’âme et d’esprit.13 Le texte est le suivant :

L’âme s’élance ici vers le bas, le sépulcre,
Elle vient rafraîchir le corps devenu pur. 14

Jung parle à propos de cette figure de l’âme unificatrice qui descend du ciel pour faire revivre le cadavre.15 Cette fois ce n’est plus l’inconscient qui prédomine, la dissociation fait place à un début d’individuation ; le moi, qui vit dans le temps et l’espace, adapté aux lois, va pouvoir s’épanouir sans être étouffé dans l’inconscient. 16

Cette étape, de la figure 7 à la figure 9, n’a pu être possible que par l’étape de la purification de la figure 8 (du Rosarium). On y voit sur l’image l’hermaphrodite lavé par une pluie qui tombe à grosses gouttes. Le texte est le suivant :

Le ciel fait ici pleuvoir sa rosée :
Du corps noir au tombeau l’ordure en est lavée.

Ce n’est pas l’eau du bain initial qui nettoie, c’est une eau venue du ciel, une eau sublimée, une eau de sagesse et de clarté qui va permettre au conscient nourri par le soi de vivifier le corps inerte.

Troubles de l’identité chez le sujet alumina

Il existe chez alumina des troubles de la personnalité avec un trouble de l’identité profond.

Le sujet peut ressentir une impression d’engourdissement dans la tête comme si sa conscience était en dehors de son corps.

Il lui semble, dans l’oreille droite, qu’il a une voix entièrement différente. Il fait des lapsus en permanence et utilise des mots différents de ceux qu’il désire.

Le temps passe trop lentement pour lui, une heure semble une demi-journée.

Quand il dit quelque chose, il lui semble qu’une autre personne l’a dit et quand il voit quelque chose, c’est comme si une autre personne l’avait vue, ou comme s’il pouvait se transférer dans quelqu’un d’autre et pouvait alors voir.

Ce dernier symptôme est extrêmement parlant ; il montre à quel point le sujet a la sensation d’être une sorte de statue sans âme, sans esprit, alors que sa conscience pourrait se trouver à son côté et serait capable d’habiter l’un ou l’autre de ceux qui l’entourent, comme si un souffle de vie pouvait animer son effigie, au hasard de son errance. C’est un peu comme si on lui avait donné un nom, au hasard, qui lui conférait une identité, mais il doute de cette identité.

La construction du moi passe dépend de la communication et de l’affection bienveillante de l’entourage, seules capables de conduire l’enfant à la constitution de son identité.

Les dieux prononçaient les noms de ce et de ceux qu’ils créaient.

On martelait le nom des ennemis pour leur ôter tout pouvoir. Le sujet alumina doute de son identité, il n’est même pas certain de son nom, qu’il échange volontiers. Il peut changer de nom, se faire appeler autrement. Le nom est une des clefs de la reconnaissance de soi. Il nous est donné comme un vêtement censé nous seoir, bien ajusté. Il donne à l’individu la forme repérable, l’image personnalisée et lui confère la force d’évoluer dans le monde social.

Le sujet alumina est angoissé, très timide. Il sursaute lorsqu’il entend la moindre chose tomber. Il rêve de fantômes, de voleurs, de mort, d’un cheval qui le poursuit, de se promener dans une rivière où il voit des serpents et d’autres animaux. Il n’a envie de rien, il n’a aucun goût pour une occupation, quel qu’elle soit. Il est indifférent et manque de mémoire. Il est anxieux ; il ressent une anxiété avec une chaleur externe et de l’agitation, comme s’il avait commis quelque chose de mal. Il a l’impression qu’un malheur est imminent.

Finalement, alumina manque du « souffle vital ». On donnait vie en Égypte aux statues façonnées dans le bois, la pierre, le métal et bien entendu l’argile, en leur insufflant le « souffle de vie » à l’aide de la croix ansée. C’est ce qui a manqué à alumina.

Sacrifice de la symbiose : le cordon et le couteau

Alumina est encore enfermé dans la glaise, dans le monde peu différencié de la symbiose.

Alumina a une phobie, celle des couteaux. Il ne peut voir du sang ou un couteau sans que la pensée ne se presse en lui de se suicider, bien qu’il ait la plus grande horreur du suicide.

Alumina a des rêves et des impressions morbides. Il fait le rêve d’un équarrisseur qui lui enfonce de force de la viande de chien dans la bouche. Ces impressions morbides, ces phobies témoignent d’une hantise de la castration, et peut-être de celle de l’ombilic.

La castration ombilicale semble ne pas avoir été vraiment faite, ou bien elle a été mal faite. Elle est redoutée. Les sujets ont eu des mères, un entourage, des pères peu rassurants, qui n’ont certainement pas présenté le miroir qui aurait pu donner le reflet positif nécessaire à l’identification d’une image rassurante et constructive. Ce sont sans doute souvent des mères froides, distantes, cassantes, en tout cas un entourage peu propice à parfaire une identité épanouie.

Alumina a l’impression d’un ver qui rampe sous sa peau. Il ressent des fourmillements, comme une reptation, des grouillements de petits animaux, comme si un vers se frayait un chemin hors de l’anus.

Il n’a pas une image du corps rassurante. Il a des sensations de reptation à divers endroits du corps, comme si la chair était déjà le théâtre d’une décomposition, avant même d’être achevée, comme si la chair non mature, pas encore façonnée par le potier, était déjà menacée par la corruption. D’ailleurs pour lui, la viande en particulier semble n’avoir aucun goût.

Les limites et les Ă©changes : peau –muqueuses – orifices

Cette difficulté à naître à la vie consciente, à l’identité ferme va se réifier également dans les limites du corps, là où se font les échanges avec le milieu extérieur. Alumina est enfermé dans sa gangue de glaise non travaillée par la main sociale, par l’œil de l’autre, par l’échange avec les proches, avec l’affection maternelle et ses équivalences de substitution. Il a du mal à échanger.

Sa peau est sèche, pruriante, éruptive. Il se gratte jusqu’au sang.

Il a la curieuse impression d’être pris dans une toile d’araignée, comme si certaines parties de son corps en étaient recouvertes. Il a aussi parfois la sensation de blanc d’œuf sur la figure.

Ses muqueuses sont sèches, il est extrêmement constipé, comme si le rectum était asséché et resserré. Il doit faire beaucoup d’effort pour expulser des selles parfois même molles.

Il présente une toux sèche avec sécheresse de la gorge, une toux, violente, brève, sèche, persistante, avec éternuement. La gorge est sèche. Il ressent de la faiblesse dans la poitrine. Au réveil, la bouche est sèche et la langue colle au palais. Ses lèvres pèlent.

Ses yeux sont agglutinés le matin, comme les yeux du nourrisson au sortir du ventre de sa mère ; il craint la lumière (comme s’il la découvrait). Ses yeux sont rouges, avec une sensation d’excoriation dans les coins, et une faiblesse de la vue ; il est obligé de s’essuyer souvent les yeux ; dans la nuit, ils se collent. Ses yeux sont si faibles et secs qu’il lui est difficile de lire et de coudre. Quand la pièce est éclairée, il lui semble qu’une gaze est devant les yeux.

Il est triste et sans joie, ne désirant que la solitude. Des pensées tristes lui pénètrent l’esprit, ce qui le force à pleurer, comme si quelque chose de mauvais allait lui arriver.

Alumina est enfermé dans un corps qui manque d’âme. Il est anxieux, introverti, susceptible. Il vieillit vite.

Incarnation – souffle de vie

Alumina manque de « souffle vital ». Il manque de chaleur vitale, et peut connaître une vieillesse prématurée.

On sait que l’alumine fixe la couleur. Il fixe l’élan vital et donne la coloration au monde. Le sujet prend des couleurs avec alumina. Il prend forme, comme la statue sous les mains du potier, comme les êtres vivants sur le tour du dieu Khnoum. Il donne le souffle de vie, comme le ânkh égyptien que les dieux présentent aux narines royales. Il rêve de puissance, de force vitale, de recevoir de l’argent.

Alumina ouvre les yeux qui ont de la difficulté à s’ouvrir, sensibles à la lumière, comme s’ils la découvraient après avoir séjourné dans l’ombre.

La vitalité d’alumina est une vitalité inscrite dans la terre, la glaise, l’argile.

Les dĂ©sirs alimentaires d’alumina sont curieux, il est gĂ©ophage. Il a de l’appĂ©tit pour les fĂ©culents, la craie, les chiffons blancs propres, le charbon de bois, les clous de girofles, le marc de cafĂ©, le riz sec… Il a un dĂ©sir ardent pour la nourriture indigeste. Il est encore la statue d’argile, attendant le souffle de l’esprit, le souffle de vie pour s’ouvrir Ă  une alimentation diversifiĂ©e et humaine. Le lĂ©gume qui pousse dans la terre ne lui sied guère. Il ne supporte pas la pomme de terre (peut-ĂŞtre veut-il sortir de la terre…).

Alumina est également un remède de myélite. Il ressent des douleurs brûlantes à la colonne vertébrale, particulièrement au niveau des vertèbres inférieures. Ses jambes sont lourdes, il trébuche, il a une démarche festinante. Il peut être incapable de marcher sauf avec les yeux ouverts et le jour : il chancelle et tombe quand il ferme les yeux. Son état peut aller jusqu’aux parésies et à la paralysie.

Conclusion

Alumina est un remède de « condensation » du moi, un remède qui aide à exister, à se fixer dans une identité rassurante et indispensable à la vie, à l’individuation. C’est un remède qui assoit et stabilise celui qui doute de son identité.

Articles de Bernard Long

Notes :

  1. Aeppli E. – Les rĂŞves et leur interprĂ©tation – Paris : Payot ; 1991. p. 157.
  2. Hahnemann S. – Chronic Diseases – (reprint) New Dehli : Jain Publishing; 1983. tome 1. p. 186..
  3. Andrea Caesalpino Aretino -. De metallicis – libri 1. cap. 21. Nuremberg ; 1602.
  4. Lemery N. – Cours de Chymie – Paris : L.C. d’Houry ; 1756. p. 551
  5. Daumas F. – Les dieux de l’Egypte – Paris : PUF ; 1965.
  6. Nassau K. -The physics and chemistry of color, -New-York, 2001 (2nd ed.).
  7. Ce qui indique les symptômes « archétypaux ».
  8. Poisson A. – ThĂ©ories et symboles des alchimistes – Paris : Edit. traditionnelles ; 1991.p. 127.
  9. Le rosaire des philosophes. – La Fontaine de Pierre ; 2008. p. 94.
  10. Jung C.G. -Psychologie du transfert – Paris : Albin Michel ; 1996.. p. 132.
  11. Fabricius J. – L’alchimie, trad. R. Crevier – Paris, Sand, 1997. p. 105
  12. Jung C. G. Mysterium conjonctionis – trad. E. Perrot. Paris : Albin Michel ; 1980. Tome 1 – p. 293-4.
  13. Fabricius J. – p. 124.
  14. Le rosaire des philosophes. p. 120.
  15. Jung C.G. Psychologie du transfert. p. 150.
  16. Jung C.G. Psychologie du transfert.p. 161.