C.G. JUNG

Rêve, Alchimie, Homéopathie, Poésie

En écho à C.G. Jung

Les morts frappent à la porte

Cette nuit la tempête

a craqué la maison

forteresse assaillie

par les béliers du vent

au petit matin noir tout encombré des rêves de la nuit

quand on se trouve encore

sur le fil du rasoir entre la mort et la vie.

 

Un plat silence a fig√© l’air quelques secondes

mer étale

et puis comme un grand souffle

est mont√© le clavier d’une foule impatiente.

 

Un vieux moi très ancien

a ouvert grand la porte

√† la lumi√®re du porche j’en ai vu quelques uns

les autres

écharpes de brume

dansaient dans la grisaille de la fin de la nuit.

 

Certains disaient leur nom d’autres l’avaient inscrit

au fer rouge sur le front

c’√©taient des Basilide Barb√©lo Valentin

Carpocrate √Čpiphane Menandre Saturnin

des ophites tout nus réchauffés de serpents

le tout en grand désordre.

 

Simon avec Hélène forniquait dans un coin.

 

Au tout d√©but du jour j’ai vu des Bogomiles

puis ceux de Montségur des enfants dans les bras

et Giordano  Bruno fumant comme un tison

oui ils étaient tous là douteurs et insoumis

ceux qui se voulaient plus chrétiens que les autres

ceux qui pensaient qu’il n’y a rien entre l’homme et son dieu

ceux qui croyaient que l’univers est Un.

 

Quand le jour s’est lev√©

quand le ciel s’est ouat√© de nuages

ils se sont lentement dissous

vers les m√©moires obscures o√Ļ br√Ľlent les b√Ľchers

me laissant des regrets

de ne pouvoir loger

amour si absolu.