C.G. JUNG

Rêve, Alchimie, Homéopathie, Poésie

Alchimie, Ňďuvre au noir

Prison dorée

Il y a des jours

o√Ļ le noir remonte du fond des abysses

o√Ļ meurent les mots.

 Il y a des jours

o√Ļ les lourds barreaux

qu’on avait coul√© tout autour de soi dans l’or le plus pur

perdent leur beauté

c’√©tait du plaqu√©.

¬†Il y a des jours qu’il faut accepter

pour que la lumière puisse encore briller.

Métamorphoses

Il y a des moments,

moments de Nuit Obscure,

macération putride, nigredo alchimique,

quand l’√Ęme rampe aveugle

aux portes du blasphème.

Il y a des moments,

o√Ļ dans la porcherie que devient une vie,

tel Job sur le fumier demandant à son Dieu

le pourquoi du comment

on assiste impuissant à la distillation

de ce corps tant aimé, de cette main si blanche,

o√Ļ s’inscrivent chaque jour les taches de la mort.

Il y a des moments,

o√Ļ l’attelage s’emballe avide de lumi√®re

o√Ļ l’on voudrait monter par de si hautes marches

que l’on perdrait enfin la m√©moire de la terre.

Amis,

ce ne sont que moments,

brindilles et feuilles mortes de l’arbre de la Vie,

lente métamorphose.

La larve n’est pas belle, mais elle porte en elle

le somptueux papillon.

Alchimie première marche

Apr√®s avoir r√©duit l’AMOUR en cendres, j’ai parcouru le monde, mers fleuves campagnes.

Pendant longtemps j’ai √©vit√© les villes d√©sertes, trop d’oiseaux sinistres rodaient.

J’ai mang√© de la mer

Les algues au go√Ľt amer

Et mes dents ont crissé

Sur les petits galets

Au soleil j’ai donn√© toute l’eau.

Mon corps craquel√© est devenu comme le rocher que jamais n’atteint la mar√©e.

Il faut une tempête pour la pierre mourant de soif, mais depuis longtemps les vagues avaient renoncé à bouger.

A travers la campagne

J’ai bien longtemps march√©

Et mes pieds ont saigné

Sur le sol desséché.

J’ai vu des plantes innom√©es bras tendus, calices de chairs br√Ľl√©es.

J’ai vu des mousses grises effrit√©es dans ma main.

J’ai m√™me vu de trompeux arbres verts sans ombre, mais je n’ai vu personne, jamais.

 

 

Alchimie de la mort

 

Je suis la locataire d’un vaisseau de distillation o√Ļ se dissolvent les chairs et o√Ļ l’√Ęme grandit.

Poisson qui respire dans l’air,

j’ai oubli√© l’oc√©an d’o√Ļ je viens.

Boomerang déposé sur le sable,

j’aspire √† la vague

qui rentre dans la mer.

J’attends, la vie est si belle, je la boirai jusqu’√† la derni√®re goutte¬†et quand le r√™ve lucide de la mort m’emportera,¬†l√† o√Ļ il voudra,

j’esp√®re,

toute baign√©e de l’√©nergie de l’Esprit,

écouter la musique des sphères.

Et quand le temps sera venu je reviendrai encore,

bien plus forte,

enivrée de la Lumière de la Nature

vibrante d’amour divin

Po√©sie(s) d’Ariaga (Ariane Callot)