C.G. JUNG

Rêve, Alchimie, Homéopathie, Poésie

IntĂ©gration de l’enseignement de l’inconscient

En écoutant l’enseignement de l’inconscient, des réticences de la Rêveuse vis à vis de la chair à son acceptation joyeuse.

Portrait du Soi

LĂ©gère amĂ©lioration de l’image masculine

Quand on parvient au rĂŞve 117, la RĂŞveuse est dĂ©jĂ  au travail avec l’analyste.  La RĂŞveuse fait beaucoup de pain. Cela  montre que pour faire, c’est-Ă -dire pour avoir une action  qui donne un rĂ©sultat,   il faut collaborer avec un opposĂ©.  Ici, l’opposĂ© est masculin et elle rĂ©clame un jeune mitron.

RĂŞve no 117 : l'afficher

Il y avait déjà eu des signes encourageants quand, au rêve 109, précédemment et avec son mari, elle avait aménagé une chambre plus grande. Mais l’image masculine négative, qui est un grand obstacle à l’union charnelle, est très forte, et ne va s’améliorer que  progressivement et tardivement.

RĂŞve no 109 : l'afficher

Tout d’abord, la RĂŞveuse va se trouver impliquĂ©e en personne.  Il s’agit de scènes oĂą elle pourrait avoir une relation intime avec un homme,  ou de scènes contenant des allusions d’ordre sexuel.

Il y a un  problème pour que l’on sorte de l’histoire du couple romanesque. Dans son inconscient, la Rêveuse a le comportement d’une vierge effarouchée qu’il faudrait rassurer. Le rêve 136 où elle se retrouve nue avec un homme, progrès apparent, est un parfait exemple.

RĂŞve no 136 : l'afficher

Cet homme doit être être particulièrement sale, on pourrait dire sale comme un cochon ! Elle lui fait subir, les bras en croix, un lavage puis un rinçage avec un fort jet d’eau . On voit que l’acceptation du masculin passe par un rite de purification.

Ce rêve comprend cependant des éléments positifs . Il y a une proposition de jeu, refusée mais elle existe.   Ils rentrent ensemble dans une chambre. Problème la chambre n’est meublée que d’un lit à une place.  De plus, il est bien précisé que,  pendant ce rêve, il n’y a pas de connotation érotique, d’où une conjonction masculin féminin tout à fait insuffisante sur le plan charnel.

Un nouveau palier sera franchi au rĂŞve suivant (137). Le phallus ne fait plus peur, mais ce phallus est anonyme et il n’y a pas de plaisir, seulement une cessation de la souffrance. Cette passivitĂ© entraĂ®ne rapidement une forte rĂ©action du Soi . La rĂŞveuse est rĂ©veillĂ©e par une voix qui crie qu’il  faut dire fort (cf. rĂŞve 138). Cela signifie qu’il faut avec force dire oui Ă  la conjonction entre le masculin et le fĂ©minin, oui Ă  l’acte d’amour.

Les explications de l’inconscient

Le rĂŞve 139, rappelle un rĂŞve (cf. le 16 partie 2) de la sĂ©rie du RĂŞveur proposĂ©e par Jung. Dans ce rĂŞve il s’agissait de reconstruire le gibbon. Ici, la RĂŞveuse observe une jeune fille qui s’emploie Ă  dresser un singe.  Le gibbon est  dĂ©jĂ  reconstruit mais il faut aussi l’intĂ©grer au niveau de l’expression consciente. Le singe dressĂ© doit savoir exprimer Ă  l’extĂ©rieur, dans le monde quotidien du Moi conscient, ce qui est en train de naĂ®tre Ă  l’intĂ©rieur. Pendant quelque temps il vaut mieux s’exercer sans public et ensuite on va pouvoir dire fort.

RĂŞve no 139 : l'afficher

Il semblerait que l’inconscient, à des moments cruciaux des séries de rêves, propose quelques explications au sujet du récit.  Il donnerait aussi des indication sur ses projets pour la suite. Nous avons un exemple de cette possible démarche  durant le rêve 143, qui est à lui tout seul un synopsis.

Dans ce grand rêve 143, au sens donné par Jung à grand Rêve,  on voit qu’il est possible de tirer de la mer, symbolisant l’inconscient, tout ce qui est nécessaire à la conjonction entre le masculin et le féminin. Témoin ce travail commun entre les groupes d’hommes et de femmes, dont le résultat est ce beau tas d’une matière, d’une chair vivante, qui sera une nourriture.

RĂŞve no 143 : l'afficher

L’inconscient propose aussi des espèces de récapitulatifs sous forme de rappels de rêves, dont certains sont très anciens. (cf.  par exemple rêves 2,3,4)

Reviennent sous une autre forme  le petit garçon qui apportait des cadeaux, la femme agréable, l’homme en habit de moine, les chambres et les hôtels, l’eau et les ablutions, et, surtout, la mère, omniprésente.  La conjonction est représentée avec le couple d’amis.

Une autre fois,  la Rêveuse va réussir à faire ses bagages, contrairement à ce qui se passait au début.  Une grand-mère idéale va manifester la possibilité de la réconciliation avec la racine maternelle de l’incarnation.

 Tout est nécessaire à la totalité et le monde de la mère ne peut disparaître . Il doit simplement se manifester d’une manière harmonieuse.

Le dénouement

Une solution   des problèmes avec le méchant animus maternel se produit au  rêve 145.  La Rêveuse y expédie joyeusement en enfer le personnage de la mère exigeante et récriminatrice !

RĂŞve no 145 : l'afficher

Dans le même rêve, les éléments de l’union sont   présents. La Rêveuse, en personne,  se trouve dans un grand lit avec un homme.  Il n’y a plus de phallus anonyme et elle se sent bien, dans une sorte de béatitude.

Les progrès sont évidents mais il demeure encore des obstacles. Par exemple, l’homme reste un inconnu et le fait qu’elle le décrive extrêmement moelleux, un peu comme un édredon ne fournit pas un contexte très sexuel. La consommation”de l’union est improbable  et c’est seulement au rêve 151, déjà mentionné,  que se produit, sur ce plan de l’échange charnel, le véritable dénouement.

RĂŞve no 151 : l'afficher

Il ne s’agit plus ici, pour la RĂŞveuse, d’un Eros  mythologique, d’un ami intĂ©rieur, ou d’un homme inconnu, mais du compagnon de sa vie rĂ©elle.  L’incarnation est enfin acceptĂ©e. Ce fut probablement un apport positif pour la vie consciente de la RĂŞveuse.

L’intégration de l’enseignement de l’inconscient dut l’aider à comprendre qu’il n’y a rien à expier, que la honte n’existe pas.  Loin d’être humiliante, enseigne le rêve, la relation avec un homme choisi peut être source de jouissance et d’amusement.

Le avec joie du rĂŞve 151 est  une belle incitation  au lâcher prise.  Cette rĂ©plique de la RĂŞveuse Ă  la proposition faite par son mari de s’amuser nous semble ĂŞtre la formule la plus libĂ©ratrice de cette histoire onirique. Plus rien n’est tragique.  Le sac vert, couleur de la Nature, qui contenait toutes les cogitations malsaines de l’intellect, les tristesses et les rancĹ“urs, est devenu l’objet d’un jeu Ă©rotique.

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